Dans une analyse publiée par le Wall Street Journal sous le titre : Israël affiche un nouveau muscle diplomatique, la reconnaissance de la Somaliland est interprétée comme l’expression d’une nouvelle assurance israélienne sur la scène internationale. Après deux années de conflits ouverts ou latents sur plusieurs fronts – Gaza, Liban, Iran – Israël est décrit comme une puissance militaire dominante au Moyen-Orient, désormais moins encline aux compromis diplomatiques lorsqu’elle estime que sa sécurité est en jeu. Le quotidien américain souligne le caractère inhabituel de cette reconnaissance : Israël agit sans appui public explicite des États-Unis et engage un dialogue officiel avec une entité à majorité musulmane, dans une région hautement stratégique. Pour Washington, comme pour de nombreuses capitales, ce type de reconnaissance reste rare et politiquement sensible.
Au-delà de la dimension symbolique, les médias étrangers insistent sur l’intérêt géopolitique du mouvement. La Somaliland est située face au golfe d’Aden, à proximité immédiate des routes maritimes reliant la mer Rouge à l’océan Indien, et non loin des zones contrôlées par les Houthis au Yémen.
Selon le Wall Street Journal, Israël chercherait à renforcer sa présence indirecte dans la Corne de l’Afrique, un espace où s’affrontent déjà les influences turque, émiratie, égyptienne et iranienne. La reconnaissance s’inscrirait ainsi dans une logique de coopération sécuritaire et de renseignement, notamment pour la protection des voies de navigation stratégiques.
Des analystes israéliens cités dans la presse internationale estiment que cette initiative reflète une diplomatie israélienne désormais plus autonome, qui n’hésite plus à élargir son champ d’action au-delà de son environnement régional immédiat.
La décision a toutefois suscité des critiques et des condamnations, notamment de la part de pays attachés à l’intégrité territoriale de la Somalie. Mais, là encore, la presse étrangère note un changement de ton : Israël semble moins sensible à la pression internationale qu’auparavant.
Pour plusieurs observateurs, cette posture s’explique par l’expérience accumulée depuis octobre 2023. Israël aurait intégré que ses décisions de sécurité et de politique étrangère entraîneraient, quoi qu’il arrive, des réactions hostiles sur certaines scènes diplomatiques, et préfère désormais agir selon ses propres calculs stratégiques.
Le contraste est d’autant plus marqué que, dans le même temps, certaines métropoles occidentales connaissent une évolution inverse. Le New York Times relève ainsi que le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, a annulé dès son entrée en fonction plusieurs mesures symboliquement favorables à Israël, dont l’adoption de la définition de l’antisémitisme de l’IHRA et l’interdiction de facto du mouvement BDS au sein de l’administration municipale. Ces décisions, perçues comme un signal inquiétant par une partie de la communauté juive new-yorkaise, illustrent le décalage croissant entre certaines capitales occidentales et la ligne diplomatique assumée par Jérusalem.
Au final, la reconnaissance de la Somaliland apparaît, aux yeux de la presse internationale, comme un révélateur : Israël ne se contente plus de réagir à son environnement, mais cherche à façonner de nouveaux équilibres régionaux, y compris loin de ses frontières immédiates. Cette diplomatie plus indépendante renforce sa liberté d’action, mais l’expose aussi davantage aux critiques, aux campagnes hostiles et parfois à des actes violents, comme l’ont montré récemment les attaques contre des sites industriels européens liés à Israël. Un pari stratégique, donc, qui confirme qu’Israël entend désormais jouer un rôle plus visible – et plus assumé – dans des régions-clés du jeu géopolitique mondial.
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