Israël

Quand le sel de la mer Morte devient une alternative au béton

Un déchet industriel israélien pourrait bien bouleverser la construction durable.

2 minutes
6 janvier 2026

ParDelphine Miller

Quand le sel de la mer Morte devient une alternative au béton
Photo : mer morte (Delphine Miller)

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Le béton est partout, mais son coût environnemental est lourd : à lui seul, le ciment représente près de 8 % des émissions mondiales de CO₂. Face à cette réalité, des chercheurs israéliens proposent une solution aussi locale qu’innovante, née au cœur du désert.

Des équipes de l’Université hébraïque de Jérusalem et du Technion ont mis au point une brique fabriquée presque entièrement à partir de sel recyclé de la mer Morte. Chaque année, des millions de tonnes de sel s’y accumulent dans les bassins d’évaporation, sans usage réel, tout en modifiant dangereusement l’écosystème.

Sous la direction du professeur Danny Mendler, les chercheurs ont développé un procédé chimique permettant de compresser ce sel pour obtenir des briques dont la résistance se rapproche de celle du béton. L’enjeu n’est pas de remplacer totalement le ciment, mais d’en réduire l’usage, avec à la clé une baisse significative des émissions polluantes.

Le projet a récemment franchi un cap avec l’implication d’étudiants en architecture du Technion, qui ont conçu un système de construction complet à partir de ces briques de sel. Le matériau a même été présenté à la Biennale d’architecture de Venise 2025, lors de l’exposition Change: The Shape of Transformation, suscitant un fort intérêt international.

Si l’arrivée de ces briques sur les chantiers israéliens prendra encore du temps, en raison des normes et tests requis, l’idée fait son chemin. Transformer un surplus problématique de la mer Morte en ressource stratégique : une approche pragmatique, typiquement israélienne, face à un défi mondial.

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