Le Danemark est devenu en deux décennies le principal exportateur mondial de sperme, fournissant des cliniques de fertilité en Europe, aux États-Unis et aussi en Israël. Selon une enquête publiée par Ynet Global début mars, près d’un enfant sur cent né au Danemark l’est aujourd’hui grâce à un don de sperme, et une part importante des naissances issues de dons dans plusieurs pays européens provient de donneurs danois, recherchés notamment pour leurs caractéristiques physiques et pour la richesse des profils fournis aux receveuses.
Mais cette industrie florissante est aujourd’hui éclaboussée par une affaire grave. D’après les révélations relayées par Ynet Global, un même donneur aurait engendré au moins 197 enfants via 67 cliniques dans 14 pays, tous porteurs d’une mutation génétique rare associée à un risque élevé de cancer. Plusieurs enfants seraient déjà décédés. La European Sperm Bank a reconnu que le sperme du donneur avait été utilisé de manière excessive dans différents pays, malgré l’existence de plafonds nationaux, notamment en Belgique où la loi limite pourtant à 15 familles par donneur.
L’affaire soulève une question centrale pour de nombreux couples et femmes seules, y compris dans la communauté juive de diaspora qui recourt largement aux banques européennes : la régulation suit-elle réellement la mondialisation du marché de la fertilité ? En pratique, chaque pays applique ses propres règles, mais rien n’empêche qu’un même donneur soit utilisé massivement à l’international. Des autorités de l’Union européenne appellent désormais à la création d’un registre international afin de mieux tracer l’utilisation des dons et d’éviter qu’un même profil génétique ne se retrouve dans des centaines de familles.
Les banques de sperme, elles, mettent en avant des procédures de sélection très strictes, avec seulement 1 à 2 % des candidats acceptés, ainsi que des tests médicaux poussés. Cryos International, la plus grande banque mondiale fondée au Danemark, exporte vers plus de 100 pays et affirme que ses contrôles font partie des plus rigoureux du secteur. Mais la combinaison d’une demande mondiale en forte hausse — portée par l’augmentation des familles monoparentales et des couples de même sexe — et d’une offre limitée crée une pression structurelle qui favorise la réutilisation intensive de certains donneurs.
POUR VOUS INSCRIRE A LA NEWSLETTER CLIQUEZ ICI : https://israj.media-j.com/newsletter
POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael