D’un côté, les médias proches du régime font état de morts parmi les forces de sécurité, attribuant les troubles à des « éléments terroristes ». De l’autre, des médias de l’opposition et de la diaspora iranienne évoquent des centaines, voire des milliers de victimes civiles, ainsi qu’une saturation des hôpitaux.
Le chiffre le plus élevé a été avancé par la chaîne d’opposition Iran International, qui émet depuis Londres. Selon elle, « même selon les estimations les plus prudentes », au moins 2 000 personnes auraient été tuées au cours des 48 dernières heures. La chaîne précise toutefois que la coupure des communications, en vigueur depuis le 8 janvier, rend toute vérification indépendante « presque impossible ». Dans ce cadre, un médecin de la ville de Rasht a affirmé qu’un seul hôpital avait reçu au moins 70 corps.
La BBC Persian rapporte pour sa part, sur la base de témoignages de sources médicales, que les hôpitaux peinent à faire face à l’afflux de blessés et de morts. Selon une synthèse publiée sur son canal Telegram, au moins 110 corps auraient été transférés vers deux hôpitaux à Rasht et à Téhéran. Un médecin cité par la chaîne indique également que le nombre de chirurgiens disponibles est insuffisant face à l’ampleur des blessures.
À l’inverse, des organismes de suivi indépendants et plusieurs médias occidentaux avancent pour l’instant des bilans bien inférieurs, tout en soulignant eux aussi les difficultés majeures à collecter et confirmer des données fiables dans un pays largement coupé du monde.
Parallèlement, le régime iranien poursuit un discours accusant des « terroristes et saboteurs ». L’agence Tasnim, proche du pouvoir, a annoncé l’enterrement de trois « défenseurs de la sécurité » dans la province de Fars, tués selon elle par des « terroristes armés ». Un autre rapport fait état de sept morts supplémentaires parmi les forces de sécurité dans la province du Khorasan Razavi, dont six à Machhad. Les services de renseignement des Gardiens de la Révolution évoquent également des attaques contre des sites militaires et mettent en garde contre une escalade.
Sur le plan international, le Washington Post indique que l’administration de Donald Trump examine plusieurs options face à l’extension des manifestations, y compris des actions militaires et cybernétiques, dans un contexte de répression accrue et de coupures prolongées des communications.
Dans la nuit, Reza Pahlavi, fils du chah renversé en 1979, a affirmé sur le réseau X disposer d’« informations fiables » selon lesquelles la République islamique ferait face à une pénurie de forces prêtes à affronter des millions de manifestants, de nombreux membres des forces de sécurité ayant quitté leur poste ou refusé d’obéir aux ordres. Il a appelé les Iraniens à poursuivre la mobilisation, assurant que « le monde libre », et en particulier le président Trump, suivait la situation de près.
Enfin, dans une escalade verbale notable, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lancé une menace explicite à l’encontre des États-Unis : toute attaque contre l’Iran entraînerait, selon lui, des représailles contre Israël et contre des bases militaires américaines dans la région, qu’il a qualifiées de « cibles légitimes ».
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