Le président américain Donald Trump a appelé mardi les autorités iraniennes à renoncer à l’exécution imminente d’Erfan Soltani, un manifestant de 26 ans, menaçant Téhéran de « sanctions très sévères » si la sentence était appliquée.
Arrêté à son domicile le 8 janvier, Erfan Soltani doit être exécuté par pendaison sans avoir bénéficié d’un procès équitable, selon plusieurs organisations de défense des droits humains. Celles-ci affirment que le jeune homme ne disposerait que de dix minutes pour faire ses adieux à sa famille avant sa mise à mort.
Cette condamnation intervient dans un contexte de répression accrue des manifestations antigouvernementales en Iran. Un responsable iranien a déclaré ces dernières heures au New York Times qu’environ 3 000 personnes auraient été tuées lors des troubles de ces dernières semaines. Erfan Soltani serait le premier manifestant officiellement condamné à mort, selon les ONG Iran Human Rights (IHRNGO) et l’Union nationale pour la démocratie en Iran (NUFD).
S’exprimant sur CBS News, Donald Trump a averti que les États-Unis prendraient « des mesures très fermes » si le régime iranien commençait à exécuter des manifestants. « Nous ne voulons pas voir se reproduire ce qui se passe en Iran, quand ils commencent à tuer des milliers de personnes. Et maintenant, vous me parlez de pendaison. Cela ne se terminera pas bien », a-t-il déclaré.
Plus tôt dans la journée, le président américain avait publiquement encouragé les manifestants iraniens, appelant la population à « conserver les noms des assassins et des agresseurs ». Il a également annoncé l’annulation de toutes ses rencontres avec des responsables iraniens « jusqu’à ce que cessent les massacres insensés de manifestants ».
La mission iranienne auprès des Nations unies a réagi en accusant Washington de poursuivre une politique de « changement de régime », fondée sur les sanctions, les menaces et la déstabilisation interne, afin de justifier une éventuelle intervention militaire.
De son côté, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a exprimé sa vive inquiétude. Des experts onusiens ont rappelé que l’usage de la force létale ne peut être envisagé qu’en dernier recours et dans le strict respect des principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité. Ils ont averti qu’une exécution viendrait s’ajouter à une série d’exécutions extrajudiciaires déjà imputées aux forces de sécurité iraniennes.
La rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains en Iran, Mai Sato, a dénoncé une condamnation « illégale », fondée sur l’accusation de moharabeh (« inimitié envers Dieu »), y voyant une atteinte manifeste à la liberté de réunion et d’expression. « La peine de mort n’est pas la réponse d’un État respectueux des libertés fondamentales », a-t-elle souligné.
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