Economies & sciences

Un enfant sur trois en Israël n’a pas un accès suffisant à une alimentation de base

Le rapport 2024 de l’Institut national d’assurance d’Israël, publié ce jour, vendredi, dresse un constat alarmant de l’aggravation de la pauvreté dans le pays, environ 2 millions d’Israéliens vivent sous le seuil de pauvreté, dont près de 880 000 enfants, les premières estimations pour 2025 indiquent une détérioration supplémentaire de la situation.

4 minutes
30 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Un enfant sur trois en Israël n’a pas un accès suffisant à une alimentation de base
Centre de distribution alimentaire pour les personnes démunies, Photo : Flash90

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Israël se classe deuxième de l’OCDE en matière de pauvreté, juste derrière le Costa Rica, et septième pour les inégalités de revenus. Le seuil de pauvreté mensuel s’établissait en 2024 à 3 547 shekels -930 euros- par personne, en hausse de 229 shekels sur un an. Un couple avec trois enfants est considéré comme pauvre en dessous de 13 303 shekels mensuels, soit 3455 euros.

Sans les aides sociales et allocations, le taux de pauvreté atteindrait 31,5 %. Les prestations publiques ont permis de réduire d’un tiers le nombre de personnes pauvres - la contribution la plus significative depuis la crise du Covid - mais l’effort reste inférieur à la moyenne des pays développés.

Pauvreté infantile et insécurité alimentaire

En 2024, plus d’un quart des enfants vivaient dans la pauvreté. Le taux de 28 % est 13 points au-dessus de la moyenne de l’OCDE. Plus grave encore : près d’un tiers des enfants vivent en insécurité alimentaire pour des raisons économiques, c’est-à-dire sans accès régulier à une alimentation couvrant les besoins de base. Si ce chiffre marque une légère amélioration par rapport à 2023, il demeure extrêmement élevé.

Les écarts sectoriels sont frappants : 49 % des enfants arabes et 45 % des enfants ultra-orthodoxes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2024, contre 13 % parmi les Juifs non-ultra-orthodoxes. Les projections pour 2025 font état d’une hausse à 29 % de la pauvreté infantile et d’un creusement de la détresse économique des familles.

Les “travailleurs pauvres” : un record négatif

La pauvreté touche massivement des ménages actifs : plus de 70 % des familles pauvres comptent au moins un actif. Israël détient le pire taux de pauvreté de l’OCDE parmi les familles avec un seul revenu. Le rapport souligne que seuls deux pays font moins que le gouvernement israélien pour réduire la pauvreté des travailleurs.

En 2024, 15 % des familles actives vivaient sous le seuil de pauvreté ; 22 % lorsqu’il n’y a qu’un seul revenu, 9 % avec deux revenus ou plus. À l’inverse, 64 % des familles sans aucun actif sont pauvres. Le document note que l’emploi, à lui seul, ne suffit plus à sortir de la pauvreté, notamment en raison des bas salaires, des temps partiels et des écarts de rémunération entre secteurs.

Inégalités en hausse, fractures territoriales

Les inégalités de revenus s’accentuent. Israël figure désormais au 7ᵉ rang le plus défavorable de l’OCDE selon l’indice de Gini. Sur le rapport de revenus entre le décile le plus pauvre et le décile médian, le pays est avant-dernier.

Géographiquement, Jérusalem concentre la pauvreté la plus élevée -36,5 % des familles. Les districts Nord -22 %- et Sud -22,5 %- suivent, tandis que Tel-Aviv et le centre sont en-dessous de la moyenne nationale. Près de la moitié des familles arabes déclarent ne pas boucler les fins de mois, contre 29 % des familles ultra-orthodoxes et 23 % des Juifs non-ultra-orthodoxes. Les personnes âgées vivant seules sont particulièrement vulnérables : 19 % vivent dans la pauvreté, contre 8 % lorsqu’elles vivent en famille.

Un filet social jugé insuffisant

L’État réduit 36 % de la pauvreté par ses politiques, contre 57 % en moyenne dans l’OCDE, ce qui traduit un filet de sécurité sociale relativement faible. Pour Nitza Kassir, directrice adjointe de la recherche et de la planification à l’Institut national d’assurance, « le fardeau économique n’est pas réparti équitablement ; il pèse davantage sur des populations déjà fragilisées ».

En filigrane, le rapport alerte : sans inflexion des politiques salariales et sociales, la pauvreté, notamment celle des enfants, risque de perdurer.

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