L'armée israélienne a dévoilé aujourd'hui (mardi) les contours d'un règlement inédit du chef d'état-major visant à encadrer le service militaire des orthodoxes, une réforme structurelle majeure dont la mise en œuvre s'échelonnera sur plusieurs semaines.
Pour la première fois, ces dispositions prendront la forme d'un document contraignant au plus haut niveau hiérarchique, remplaçant les pratiques internes qui prévalaient jusqu'ici au sein de la Direction des ressources humaines de Tsahal. Une officialisation qui marque une étape symbolique dans l'intégration des orthodoxes au sein de l'armée.
Le nouveau cadre propose trois filières de service adaptées :
"Magen" (Bouclier) : service dans des équipes non mixtes mais dans des unités où servent aussi des femmes.
"Herev" (Épée) : Service dans un cadre entièrement masculin (par exemple le bataillon Netzah Yehuda ou l'unité technique orthodoxe de l'armée de l'air), mais des femmes peuvent servir sur la base dans différentes fonctions (intendante par exemple). Les officiers dans ce parcours seront généralement des soldats observant un mode de vie religieux ou orthodoxe, sauf dans des cas exceptionnels avec autorisation spéciale.
''David'' - Parcours où tous les soldats de l'unité et tous les titulaires de postes sont uniquement des hommes, et observent un mode de vie religieux. Actuellement, ce parcours comporte uniquement la brigade "Hashmonaïm". L'ouverture d'unités supplémentaires dans ce parcours nécessite une autorisation individuelle du chef de la Direction des ressources humaines de Tsahal.
L'adhésion à ces parcours reste volontaire, mais conditionnée à une déclaration formelle d'appartenance au mode de vie orthodoxe et à la réussite d'un entretien d'évaluation destiné à vérifier l'adéquation du candidat.
Le règlement prévoit une batterie d'aménagements : serment remplacé par une déclaration d'allégeance, respect scrupuleux des horaires de prière, cacheroute stricte (mehadrin et chemita observée à la lettre), adaptations vestimentaires, contenus pédagogiques sur mesure. Ces ajustements seront coordonnés avec les responsables de l'intégration orthodoxe et soumis à consultation rabbinique.
Tsahal insiste toutefois : ces mesures ne porteront pas atteinte aux droits d'autres groupes, notamment les femmes. Leur présence dans les cadres orthodoxes restera possible pour l'exercice de fonctions spécifiques, sous réserve d'une justification professionnelle et d'une validation du commandement.