International

Rencontre Witkoff/Araghchi attendue : Israël suit la situation de très près

À la veille d’une rencontre sensible entre l’émissaire américain Steve Witkoff et le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, Israël affiche une vigilance maximale, entre exigences sécuritaires, calculs iraniens et incertitudes diplomatiques, les négociations à venir pourraient redessiner les lignes rouges du dossier nucléaire iranien

5 minutes
4 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Rencontre Witkoff/Araghchi attendue : Israël suit la situation de très près

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

Le bureau du Premier ministre a annoncé hier soir que Benyamin Netanyahou avait clairement averti l’émissaire américain Steve Witkoff que l’Iran avait, à de multiples reprises, démontré qu’on ne pouvait se fier à ses engagements. Cette mise en garde est intervenue à l’issue d’une réunion entre le Premier ministre, de hauts responsables du système sécuritaire israélien et Witkoff, en amont de la rencontre prévue de ce dernier avec un « représentant iranien ».

Selon de hauts responsables politiques, Steve Witkoff devrait rencontrer le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ce vendredi. Israël a, dans ce cadre, présenté aux Américains quatre principes non négociables : Le retrait d’Iran de l’uranium enrichi à haut niveau et son transfert vers un pays tiers, l’arrêt total de tout enrichissement supplémentaire d’uranium, la cessation de la production de missiles balistiques par l’Iran. et l’arrêt du financement et du soutien iraniens à ses organisations affiliées au Moyen-Orient.

Selon ces mêmes sources, Téhéran cherche, à travers les négociations avec Washington, à instaurer de nouvelles règles du jeu, fondées sur l’idée que la stabilité régionale passe nécessairement par la reconnaissance de ses droits nucléaires et par l’acceptation de son discours selon lequel sa sécurité fait partie intégrante de celle de la région.

Le président américain Donald Trump a déclaré hier que « des négociations sont actuellement en cours avec l’Iran », sans préciser leur lieu. Un diplomate iranien a toutefois indiqué à la chaîne Al-Jazeera qu’il était probable que Mascate, la capitale d’Oman, accueille les discussions, et non la Turquie.

Des responsables sécuritaires de haut niveau affirment que la direction iranienne rejette systématiquement la demande américaine d’intégrer aux discussions nucléaires la question du programme de missiles balistiques et du réseau régional de milices pro-iraniennes. Du point de vue de Téhéran, il s’agit d’une tentative américaine d’éroder les piliers centraux de la puissance du régime. Les missiles balistiques et les relais régionaux sont perçus comme des actifs souverains légitimes, essentiels à la dissuasion et à la survie du régime, et non comme des monnaies d’échange. L’Iran insiste donc pour limiter toute négociation avec les États-Unis au seul volet nucléaire technique.

Ces mêmes sources soulignent que, malgré les frappes militaires sévères infligées aux installations nucléaires iraniennes lors de l’opération « Am Kelavi », l’Iran a surpris la communauté internationale par sa capacité à restaurer rapidement les infrastructures endommagées, notamment les sites clés de Natanz et d’Ispahan. Les dommages physiques n’ont pas permis de priver l’Iran de ses connaissances ni de ses capacités nucléaires.

Selon des responsables politiques, l’objectif stratégique de l’Iran est désormais de figer son statut de pays au seuil du nucléaire comme une réalité irréversible. Téhéran disposerait actuellement d’environ 400 kilos d’uranium enrichi à 60 %, un atout majeur dans toute négociation. L’emplacement exact de ce stock demeure incertain pour les pays occidentaux : il pourrait se trouver dans des sites bombardés par Israël et les États-Unis, ou avoir été déplacé vers un nouveau lieu secret.

Les services de sécurité estiment qu’en amont des discussions avec Washington, l’Iran proposera un cadre technique visant à concilier le maintien de ses droits nucléaires avec une réduction des inquiétudes internationales. Ce scénario reposerait sur une longue période de suspension technique du programme nucléaire : l’enrichissement ne serait pas totalement interdit, mais limité à des niveaux bas et strictement encadrés. Cette semaine, Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême Ali Khamenei, a déclaré à la chaîne libanaise Al-Mayadeen que l’Iran serait prêt à accepter un enrichissement plafonné à 20 %.

Au sein du système sécuritaire israélien, on estime que Donald Trump est sérieux dans ses menaces contre l’Iran et qu’il serait prêt à recourir à une force militaire agressive si les intérêts américains étaient menacés et si Téhéran refusait de répondre aux exigences de Washington. Une option diplomatique demeure néanmoins envisageable, d’autant que le régime iranien se trouve aujourd’hui en position de faiblesse relative, affaibli par les frappes sur ses sites nucléaires, par une crise économique aiguë et par une vague de contestation sans précédent מאז la révolution islamique de 1979. En cas d’attaque militaire, Israël serait vraisemblablement une cible centrale de représailles iraniennes par missiles balistiques.

Quel avenir pour la contestation en Iran en cas d’accord ?

Des sources de renseignement occidentales estiment que les manifestants iraniens attendent une éventuelle frappe américaine pour redescendre massivement dans la rue et relancer un mouvement de protestation actuellement maintenu à bas bruit. À l’inverse, un accord entre l’Iran et les États-Unis pourrait étouffer les protestations, au moins temporairement, en offrant au régime une légitimité internationale et un répit stratégique lui permettant d’avancer sans pression extérieure immédiate. Un tel accord ne réglerait toutefois pas la crise interne en profondeur. Les manifestations pourraient reprendre si l’accord décevait les attentes de la population ou si le régime revenait à une politique intérieure répressive. Téhéran devrait utiliser un éventuel accord comme un outil de consolidation du pouvoir, tandis que l’Occident resterait attentif à l’évolution de la situation intérieure iranienne.


POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI
: https://israj.media-j.com/newsletter

POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael

Tags