Les regards de la communauté internationale sont tournés vers Mascate, la capitale du sultanat d’Oman, où s’est ouvert ce matin le nouveau cycle de négociations entre l’Iran et les États-Unis. Objectif affiché : parvenir à un accord diplomatique susceptible d’éviter une frappe américaine contre l’Iran. Les représentants américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, y rencontrent le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Par messages transmis aux médias et par diverses déclarations officielles, Téhéran affirme que les discussions se concentreront exclusivement sur le programme nucléaire. Il s’agit des premiers pourparlers depuis les rounds de négociation menés durant la première moitié de l’année dernière, eux aussi organisés principalement à Oman sous médiation omanaise, et déjà conduits par Witkoff et Araghchi.
L’Iran aborde ces discussions sous une forte pression militaire américaine, dans un contexte de crise économique aiguë, de pénuries sévères d’eau et d’électricité, et de répression violente d’un vaste mouvement de protestation intérieure. Selon des responsables sécuritaires de haut niveau, malgré ces difficultés, la direction iranienne continue d’agir selon une logique révolutionnaire rigide, cherchant à gagner du temps sans renoncer à ses lignes rouges. Téhéran espère parvenir à des arrangements temporaires jusqu’aux élections de mi-mandat aux États-Unis en novembre. À défaut, il parie sur sa capacité à tenir jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump, avant de relancer pleinement son programme nucléaire afin de produire une arme atomique.
Cette approche s’inscrit dans une stratégie bien connue de l’Iran, réputé pour sa maîtrise des négociations. Elle vise à affaiblir les menaces en cours par des discussions susceptibles de ne déboucher sur aucun résultat concret, ou au contraire sur une issue favorable aux intérêts iraniens.
À Jérusalem, de hauts responsables politiques estiment que Washington connaît parfaitement les lignes rouges d’Israël concernant le nucléaire iranien, les missiles balistiques et les réseaux régionaux de Téhéran. Cette compréhension s’est renforcée après la récente visite de Steve Witkoff en Israël et ses entretiens avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou ainsi qu’avec les principaux responsables du système de sécurité. Selon eux, la coordination stratégique entre Washington et Jérusalem atteint actuellement un niveau particulièrement élevé.
Toujours selon ces sources, l’évaluation dominante est que les chances de succès des négociations restent faibles. Donald Trump ne laisserait pas l’Iran s’engager dans une stratégie dilatoire, tandis que les États-Unis poursuivent le renforcement de leur dispositif militaire dans le Golfe, y compris en prévision d’une possible escalade régionale. En parallèle, en Israël comme parmi certains responsables américains, on n’exclut pas la mise en place d’un cadre permettant la poursuite des discussions. Washington n’entend toutefois pas tomber dans le piège d’une négociation interminable, notamment en raison du coût élevé de la présence militaire accrue dans la région. L’hypothèse privilégiée est qu’un ultimatum clair sera, à terme, présenté à Téhéran : un accord aux conditions américaines ou un affrontement militaire.
Le Qatar, la Turquie et l’Arabie saoudite figurent parmi les pays qui ont exercé des pressions sur Donald Trump afin qu’il accepte l’ouverture de négociations à Oman, par crainte d’une guerre régionale susceptible de déstabiliser les régimes arabes et de porter un coup sévère aux industries du pétrole et du gaz. Selon des sources politiques israéliennes, Trump a également cédé à ces pressions pour démontrer à l’opinion publique américaine et à la communauté internationale qu’il avait épuisé la voie diplomatique, consolidant ainsi la légitimité d’une éventuelle action militaire, tout en finalisant le renforcement des forces américaines dans le Golfe.
Des responsables à Jérusalem ont indiqué qu’hier, lors d’une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Benyamin Netanyahou a évoqué le dossier iranien. Il a affirmé que certaines conditions susceptibles de conduire à la chute du régime de Téhéran semblaient se réunir, tout en reconnaissant qu’il n’était pas certain qu’elles suffisent. Il a adressé une menace directe à l’Iran, précisant qu’Israël se prépare à une frappe bien plus sévère que par le passé. Le Premier ministre a souligné le niveau élevé et étroit de coordination avec les États-Unis, tout en ajoutant qu’il ignorait quelle décision Donald Trump prendrait en définitive.
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