Israël

Mort mystérieuse d'un officier des renseignements en prison: son nom et les détails révélés

En mai 2021, un officier des renseignements est mort en prison dans des circonstances troublantes. Hier le tribunal a permis la levée de la censure sur son nom.

3 minutes
8 février 2026

ParGuitel Benishay

Mort mystérieuse d'un officier des renseignements en prison: son nom et les détails révélés

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L'identité du capitaine Tomer Eiges, dont le décès en détention militaire en 2021 avait suscité une vive controverse en Israël, a été officiellement autorisée à la publication hier (samedi). Longtemps désigné sous le pseudonyme d'« officier X », le jeune homme de 24 ans était au cœur d'une affaire mêlant failles sécuritaires et négligences médicales.

Tomer Eiges, décrit par ses pairs comme un génie de l'informatique, servait au sein de la prestigieuse unité de renseignement 8200. En septembre 2020, sa carrière bascule : il est arrêté par le Shin Bet et inculpé de graves crimes sécuritaires. Selon les éléments disponibles, ses actes auraient été motivés par des raisons personnelles et non idéologiques, bien que le détail précis des charges reste classé secret défense.


L'enquête met en lumière de multiples défaillances dans la gestion de sa détention. Traité par un psychiatre militaire pour troubles du sommeil et anxiété, Eiges recevait des prescriptions complexes de médicaments psychiatriques. Mais le système pénitentiaire a échoué à appliquer correctement les protocoles : instructions mal comprises, surveillance inadéquate de la distribution des médicaments, absence de fouilles permettant l'accumulation de près de 70 comprimés dans sa cellule.

Dans les semaines précédant sa mort, le jeune homme a fait des malaises à trois reprises. Le 20 mars 2021, après avoir pris simultanément trois médicaments, il est hospitalisé. Les médecins recommandent de modifier son traitement, mais ces préconisations ne sont jamais transmises aux responsables pénitentiaires.

Le 24 avril, les caméras de surveillance filment un nouveau malaise : Eiges tombe de son lit, lutte pour se relever, puis rampe sous la porte des toilettes en appelant à l'aide. Le commandant de garde minimise l'incident, ne prévient pas sa hiérarchie. Aucune consultation médicale n'est organisée.

Sur les images de vidéosurveillance datant d'un mois avant sa mort, un détail glaçant : on aperçoit Tomer Eiges effondr près de son lit, tentant désespérément de signaler sa détresse aux caméras. Il faudra 43 minutes avant qu'un gardien ne pénètre dans sa cellule.

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Le 16 mai 2021, lors d'un troisième malaise accompagné de convulsions, la réaction du personnel pénitentiaire est catastrophique. Les deux infirmières de garde se trouvent sous la douche, violant les protocoles d'astreinte. Treize minutes s'écoulent avant qu'un agent n'intervienne. Lorsque Eiges atteint enfin l'infirmerie, il ne respire plus. Les infirmières n'effectuent pas de réanimation cardio-pulmonaire, action finalement réalisée par deux employées non qualifiées. Une demi-heure après le début des convulsions, l'ambulance arrive. Tomer Eiges décède à l'hôpital à 1h00 du matin.

Malgré des années d'investigation et des analyses en Israël comme à l'étranger, la cause exacte du décès n'a pu être établie. Le suicide et l'homicide sont écartés, mais aucune explication médicale claire n'émerge. Le parquet militaire conclut à une accumulation de manquements graves, sans toutefois engager de poursuites pénales, se limitant à des sanctions disciplinaires.

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