Après des dépenses estimées à plusieurs dizaines de milliards de shekels et de graves dysfonctionnements dans la gestion des réservistes, Tsahal a décidé de réduire significativement le nombre de jours de service de réserve. L’armée reconnaît des dérives systémiques, des failles dans les mécanismes de contrôle et une atteinte à sa capacité opérationnelle, tout en admettant que l’application effective des nouvelles directives reste incertaine.
Selon des données publiées par l’armée, le maintien de 10 000 réservistes sur une année représente un coût d’environ 3,5 milliards de shekels. Depuis le début de la période examinée, les dépenses cumulées liées aux jours de réserve atteindraient près de 50 milliards de shekels. Un haut gradé de Tsahal évoque un véritable « Far West », marqué par une absence de contrôle, des offres de missions diffusées sur les réseaux sociaux et des soldats ayant transformé le service de réserve en activité quasi permanente.
L’armée reconnaît également que les mécanismes d’incitation financière ont provoqué de fortes distorsions salariales. La réduction annoncée de la durée moyenne du service, passée de 72 à 55 jours, a mis en lumière le phénomène des « réservistes itinérants » : des milliers de soldats passant d’une unité à l’autre afin d’accumuler des jours de service et des primes, sans réelle intégration opérationnelle. Tsahal affirme vouloir mettre un terme à cette pratique, à l’exception de certains cas relevant du Commandement du Front intérieur, sans préciser qui sera chargé de faire appliquer ces mesures sur le terrain.
Sur le plan opérationnel, l’armée admet de sérieuses lacunes. Le modèle officiel de rotation « 10 jours de service, 4 jours de repos » n’est, selon elle, que rarement respecté. Dans les faits, des bataillons fonctionnent selon des rotations hebdomadaires, ce qui nuit à la cohésion et à l’efficacité. « Au bout de trois ou quatre ans, un bataillon ne sait plus fonctionner comme une unité cohérente », reconnaît un officier supérieur, tout en admettant que le problème n’a pas encore été résolu.
Tsahal souligne que la réduction du nombre de jours de réserve ne résulte pas d’un accord avec le ministère des Finances, mais d’un épuisement des ressources budgétaires et humaines. L’armée indique avoir réduit la taille des états-majors, limité les jours consacrés aux activités non opérationnelles et ajusté ses normes internes.
Sur le terrain, toutefois, le malaise demeure. Réservistes et familles évoquent un sentiment de contradiction entre l’exigence croissante de professionnalisme et une application tardive et sélective des restrictions, après des investissements massifs. « Nous avons mis fin au phénomène de réservistes enchaînant les unités après avoir terminé leur service principal. L’objectif est de les réintégrer dans le marché du travail », explique un haut responsable militaire, ajoutant que certains avaient renoncé à des carrières civiles, notamment dans l’enseignement, pour rester en service de réserve.
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