Les chaines i24NEWS en hébreu et N12 ont publié hier soir (mardi), des extraits des procès-verbaux des interrogatoires de Bezalel Zini, dans l'affaire de contrebande de cigarettes vers la Bande de Gaza.
Il en ressort des aveux du frère du Shin Bet d'avoir touché de grandes sommes d'argent mais il affirme qu'il les a acceptées comme dons pour son unité. En outre, il nie toutes les accusations portées contre lui dans cette affaire.
Alors que l'officier de police l'interroge sur les propositions de trafic faites par son complice, Aviel Ben David, Zini admet avoir été au courant, mais nie l'intention criminelle.
L'enquêteur : Lors des interrogatoires précédents, vous avez déclaré qu'Aviel [Ben David] vous avait contacté concernant la possibilité d'introduire des marchandises à Gaza. De faire de la contrebande. C'est exact ? Bezalel Zini : C'est exact. L'enquêteur : Autrement dit, vous aviez connaissance du fait que de la contrebande avait lieu vers Gaza. Bezalel Zini : C'est exact. L'enquêteur : Donc, au fond, vous n'avez rien fait de cette information, d'après ce que vous dites. Bezalel Zini : C'est exact. L'enquêteur : Si une personne vient vous voir et vous propose de dealer de la drogue avec elle, est-ce qu'à ce moment-là, l'idée vous traverse l'esprit que cette personne est un trafiquant de drogue ? Bezalel Zini : Bien sûr, je comprends qu'il deale de la drogue. L'enquêteur : Alors s'il vous propose de participer à de la contrebande, pouvez-vous comprendre qu'il est un contrebandier ? Bezalel Zini : Non, cela ne m'est pas venu à l'esprit... Dans cette situation, je ne pensais pas être censé commettre une infraction. L'enquêteur : Alors, après avoir compris qu'il passait des cigarettes en contrebande... pourquoi avez-vous fermé les yeux ? Bezalel Zini : Je répondrai à cela au moment opportun.
Acculé par les enquêteurs, Bezalel Zini déclare: ''C'est vraiment dur pour moi, je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas comment mettre fin à cette saga, je suis dans de sales draps''.
Aviel Ben David a témoigné que, deux jours après l'une des opérations de contrebande, il avait versé à Zini 200000 shekels en espèces. Face à cette confrontation, Zini a nié tout lien avec les faits et soutenu que ses entrées dans la Bande de Gaza relevaient d'une routine habituelle, affirmant par ailleurs être victime d'une tentative de le discréditer en raison de ses liens familiaux : « Ils ont profité de mon nom et de celui de ma famille pour me salir. », affirme-t-il devant les enquêteurs.
Lors d'un second interrogatoire, confronté au témoignage détaillé de Ben David — qui décrit des livraisons régulières de cigarettes via le passage de Sufa, dans un véhicule blindé conduit par Zini —, Zini a finalement reconnu avoir reçu des fonds : « Je ne sais pas combien, peut-être 200 ou 250 (mille shekels). » L'enquêteur lui a indiqué que le montant dépasserait 300 000 shekels. « J'ai reçu, je ne sais pas combien », a-t-il concédé. Il maintient que tout cet argent était utilisé comme des dons pour son unité et qu'il ne s'agit pas d'un enrichissement personnel.
Bezalel Zini a, par ailleurs, catégoriquement démenti les allégations les plus graves : il lui était notamment reproché d'avoir sollicité auprès d'une connaissance au sein de l'unité 8200 la suppression de données sensibles concernant l'identité des soldats impliqués dans les opérations de contrebande en échange d'équipements militaires tels que casques et gilets — pour éviter d'éventuelles poursuites devant la Cour pénale internationale. « Cela n'a jamais existé », a-t-il déclaré.