Tribune

Leïla Shaid : la disparition d’une ennemie coriace

L'oeil de Daniel Saada sur la disparition de l'ancienne diplomate.

4 minutes
23 février 2026

ParDaniel Saada

Leïla Shaid : la disparition d’une ennemie coriace
Photo: Sinn Féin https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/

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Nous avons appris la disparition cette semaine de Leïla Shahid qui avait été la représentante de l’OLP puis de l’Autorité palestinienne en France pendant de longues années.

J’ai eu le triste privilège de la rencontrer lors de ma première mission diplomatique à Paris entre 1994 et 1998 où j’occupais les fonctions de Porte-parole de l’Ambassade d’Israël.

A ce titre, j’intervenais dans les médias qui étaient extrêmement friands des débats animés et souvent vigoureux entre nous.

C’était l’époque où les chaines d’information en continu venaient de naitre. Je pense notamment à LCI qui nous invitait sur une base quasiment hebdomadaire.

J’ai passé des heures et des heures à la télévision comme à la radio au cours desquelles j’avais à affronter une adversaire redoutable non pas à cause de la force de ses convictions – sur ce plan nous étions je crois pouvoir le dire à égalité – mais du fait de la liberté qu’elle prenait avec la vérité, l’Histoire et les règles de la diplomatie.

Elle incarnait à ce titre parfaitement le modèle du leadership palestinien : double langage permanent, victimisation à outrance, refus de la condamnation de ses propres extrêmes, rapport douteux avec la violence, ambivalence constante dans la volonté de résolution pacifique du conflit.

Mais surtout, par-dessus tout, ce qui la caractérisait c’était sa rhétorique accusatoire d’une prolixité sans limites pour nous accuser de tous les maux, de tous les travers, de toutes les infamies. Tout cela bien évidemment, à quelques exceptions près, sans que les journalistes ne lui apportent jamais la moindre contradiction.

Cela peut être surprenant que je m’étonne du fait que des Palestiniens nous accusent et nous incriminent mais je crois utile de préciser qu’il faut se rappeler du contexte.

Nous étions en 1994, aux plus beaux jours des accords d’Oslo. Le gouvernement israélien dirigé par Itzhak Rabin et Shimon Pérès avançait à grands pas dans la négociation et les concessions vis-à-vis du nouveau partenaire palestinien, à savoir l’OLP et son leader Yasser Arafat.

Même à cette époque, Leïla Shaid était un interlocuteur effroyable.

Alors que nous évacuions Ramallah, Jéricho, Jénine ou Naplouse, que nous avions fait revenir Arafat de Tunis pour l’installer dans un premier temps à Gaza – oui j’ai bien dit Gaza car on oublie trop souvent que depuis 1995 c’est-à-dire depuis plus de 30 ans, la Bande de Gaza est gérée par les Palestiniens, bref à ces moments où le destin du peuple palestinien aurait pu muter profondément pour se tourner vers la réconciliation et la construction d’une société nouvelle dans laquelle la violence est bannie, le recours au terrorisme est définitivement renoncé, le culte du martyr abandonné -shahid en arabe ce n’est sans doute pas une coïncidence…-  eh bien nous avons eu exactement le contraire.

L’établissement de l’Autorité palestinienne a donné naissance à une hydre qui pratique le double langage, cultive la victimisation et la violence, encourage le terrorisme, instruit et éduque sa jeunesse dans la haine et l’antisémitisme, sanctifie le culte du martyr, alimente  la négation d’Israël et mobilise sans cesse la communauté internationale contre nous.

Sans oublier bien sûr les travers internes de la société palestinienne naissante, où la gabegie financière rivalise avec la corruption de ses dirigeants et de ses élites.

A ce titre Leïla Shahid était la parfaite et loyale représentante palestinienne. Elle était la quintessence de ce narratif palestinien pétri d’irrédentisme, de radicalité, de fanatisme et d’obstination à refuser de reconnaitre ses propres turpitudes et en assumer la responsabilité.

Il faut lui reconnaitre que dans cette voie, elle était soutenue et choyée par beaucoup d’élites médiatiques, intellectuelles et politiques qui la rejoignaient bien volontiers dans la détestation d’Israël.

Pas étonnant qu’elle ait refusé de condamner les massacres du 7 octobre comme toutes les autres atrocités commises par les Palestiniens dont elle a toujours trouvé des mots indécents pour les légitimer et les justifier.

Son âme se confronte aujourd’hui à celles de toutes les victimes innocentes qu’elle n’aura jamais voulu reconnaitre.

Je doute donc qu’elle reposera en paix…..

 

 Chronique de Daniel Saada sur Radio J en date du 22 février 2026

Daniel Saada était ambassadeur d'Israël en France

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