Au cours de l’année passée, plusieurs monnaies dans le monde ont enregistré une progression à deux chiffres face au dollar américain, dans un contexte de modification des flux de capitaux, d’anticipations changeantes en matière de politique monétaire et d’amélioration des données économiques locales dans plusieurs pays.
Le shekel arrive en tête avec une appréciation de 20,2 % face au dollar sur un an, suivi par le peso colombien avec 19,7 %, puis par le rand sud-africain et le peso mexicain, chacun avec 16,4 %.
Fait notable, le shekel dépasse même des devises émergentes traditionnellement en tête lors des phases de faiblesse du dollar, comme le peso colombien ou le réal brésilien, pourtant habituées à bénéficier fortement des flux de capitaux internationaux. Viennent ensuite le dollar australien avec 14,8 %, le réal brésilien avec 14,5 %, la naira nigériane avec 13,5 %, la couronne norvégienne avec 12,7 %, le tenge kazakh avec 12,3 % et le ringgit malaisien avec 11,2 %.
Le gouverneur de la Banque d’Israël attribue la vigueur du shekel à la solidité de l’économie israélienne, y compris en période de conflit, aux bonnes performances des exportations et à un afflux significatif d’investissements directs étrangers, qui ont renforcé la demande pour la monnaie locale.
D’autres devises, comme celles de la Colombie, de l’Afrique du Sud et du Mexique, ont également enregistré de fortes hausses face au dollar. Dans le cas du peso mexicain, cette appréciation s’explique notamment par des taux d’intérêt plus élevés qu’aux États-Unis, des investissements étrangers directs record et un secteur touristique dynamique.
Cependant, l’une des principales raisons du renforcement de ces monnaies ne réside pas uniquement dans leur solidité interne, mais aussi dans l’affaiblissement du dollar lui-même. Selon des analystes cités dans l’étude, la baisse de la devise américaine est liée, entre autres, aux inquiétudes des marchés face à une politique américaine jugée imprévisible.
Au ébut de l’année 2025, les anticipations de nouvelles baisses de taux par la Réserve fédérale ont incité les investisseurs à rechercher des rendements plus élevés en dehors des États-Unis, contribuant ainsi à affaiblir le dollar. Ce recul du billet vert pourrait avoir des conséquences larges sur les marchés mondiaux. D’un côté, les produits américains deviennent moins chers pour les consommateurs étrangers, ce qui peut soutenir les exportateurs américains. De l’autre, les entreprises des pays dont la monnaie s’est renforcée pourraient rencontrer davantage de difficultés à rester compétitives face aux produits américains.
Pour les investisseurs également, l’impact est notable : lorsque le dollar se déprécie, les investissements réalisés hors des États-Unis peuvent gagner en valeur en dollars, même si leurs performances intrinsèques ne sont pas particulièrement élevées — simplement en raison de l’évolution du taux de change.
Pour Israël, cette envolée du shekel constitue un signal de confiance des marchés, mais elle comporte aussi des risques : en pénalisant la compétitivité des exportations et en pesant sur les marges des entreprises, notamment dans la high-tech, elle pourrait fragiliser certains moteurs clés de l’économie si la tendance se prolonge.
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