Depuis hier (mercredi) un peu après 3h du matin, le bruit des sirènes a disparu de la plupart des régions israéliennes. Si le nord reste sous le feu du Hezbollah, le reste du pays a repris ce jeudi matin une vie normale.
En effet, un cessez-le-feu - une trêve de 14 jours - a été conclu entre Washington et Téhéran mettant fin aux bombardements israélo-américains en Iran mais aussi aux attaques de missiles iraniens sur Israël.
Mais que contient réellement cet accord signé à Islamabad au Pakistan?
Les principes de base
Négocié sous l'égide du Pakistan, l'accord repose sur un échange immédiat de concessions pour stopper l'escalade militaire :
Pause des hostilités : Un arrêt total des frappes américano-israéliennes et des tirs de missiles iraniens pour une durée initiale de 14 jours.
Réouverture du détroit d'Ormuz : Téhéran s'est engagé à rouvrir immédiatement ce verrou stratégique pour rétablir le flux pétrolier mondial, après avoir menacé de le miner.
Sommet diplomatique : Des négociations directes s'ouvrent ce vendredi 10 avril à Islamabad pour transformer cette trêve en paix durable.
Quid du programme nucléaire et balistique iranien?
C'est là que le flou règne. L'accord du 8 avril ne règle pas le démantèlement des capacités militaires sensibles de l'Iran, mais fixe un cadre de discussion :
La position de Donald Trump : Le président américain a affirmé que les États-Unis travailleraient avec l'Iran pour « retirer toute la poussière nucléaire » (le stock d'uranium enrichi). Washington exige la neutralisation totale des sites de Fordow et Natanz. Les États-Unis et Israël exigent également la fin du soutien iranien au Hezbollah et aux autres groupes terroristes au Moyen-Orient.
Le "Plan en 10 points" de Téhéran : L'Iran, par la voix de son négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf, refuse tout démantèlement et exige la reconnaissance de son droit à l'enrichissement civil, la levée totale des sanctions et des réparations de guerre.
La menace balistique : Il s'agit là aussi d'une "ligne rouge" pour l'Iran qu'il n'est pas disposé à franchir pour l'instant, malgré la pression des frappes depuis 40 jours et les dégâts considérables causés.
Et Israël dans tout ça?
Le Premier ministre Binyamin Netanyahou a officiellement soutenu l'initiative de Donald Trump, tout en posant des limites strictes :
Le front libanais exclu : Israël a explicitement précisé que ce cessez-le-feu ne concerne pas le Liban. Les opérations contre le Hezbollah se poursuivront, ce qui contredit l'exigence iranienne d'un arrêt des combats sur tous les fronts.
Scepticisme sécuritaire : Jérusalem craint que ce répit ne permette à Téhéran de réorganiser ses forces et exige que les négociations d'Islamabad aboutissent à l'élimination physique des stocks nucléaires iraniens.
En conclusion, l'accord conclu par les Etats-Unis avec l'Iran permet un répit dans une guerre qui dure depuis 40 jours mais ne scelle pas le sort du programme nucléaire et balistique iranien qui reste au coeur des discussions. L'Iran sort considérablement affaibli, aussi bien au niveau politique qu'économique et militaire de ces cinq semaines de conflit. Il arrive donc dans une position différente à la table des négociations par rapport aux pourparlers qui s'étaient déroulés avant le lancement de l'opération Rugissement du Lion.
Il reste à savoir si les diplomates sauront tirer profit de cette situation pour asséner un coup fatal au régime iranien et à ses ambitions militaires ou s'il faudra que les bombardements reprennent pour y parvenir.
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