Donald Trump a vivement réagi ce jeudi après que la Chambre des représentants a adopté une résolution restreignant sa capacité à mener des opérations militaires contre l'Iran sans autorisation explicite du Congrès. Dans un message publié en ligne, le président américain a fustigé ce vote qu'il qualifie d'« antipatriotique » : « Ils savent où en sont les négociations. Les démocrates préféreraient que notre pays échoue plutôt que de me laisser remporter une nouvelle victoire. Ils devraient avoir honte. »
Un vote arraché de justesse
La résolution a été adoptée par 215 voix contre 208 — une majorité étroite rendue possible par la défection de quatre élus républicains : Thomas Massie (Kentucky), Brian Fitzpatrick (Pennsylvanie), Tom Barrett (Michigan) et Warren Davidson (Ohio). Ces derniers ont voté aux côtés des démocrates, infligeant à Trump l'un des revers les plus symboliques de sa présidence sur les questions de défense.
Le texte contraint le président à mettre fin aux hostilités contre l'Iran et à retirer les forces américaines de tout engagement militaire, sauf autorisation préalable du Congrès — à l'exception des situations où il s'agit de répondre à une attaque imminente contre les États-Unis, un allié ou un partenaire stratégique.
Fractures au sein du camp républicain
Le vote révèle une fracture profonde au sein du Parti républicain, dans un contexte de grogne croissante face aux conséquences économiques du conflit. Depuis le début de la campagne de bombardements fin février, les prix de l'essence ont atteint cinq dollars le gallon, et six pour le diesel. Thomas Massie, qui vient de perdre ses primaires face à un candidat soutenu par Trump, a invoqué la lassitude de l'opinion publique. Brian Fitzpatrick, lui, a rappelé que le président se doit de soumettre de telles décisions au débat démocratique.
Le président de la Chambre, Mike Johnson, a condamné le résultat, le jugeant « très dangereux en cette période grave ». Le représentant Michael McCaul a averti que ce vote affaiblit le pouvoir de négociation américain et donne à Téhéran le signal d'un soutien populaire en berne.