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Comment le Qatar a empêché une riposte iranienne qui menaçait l’accord avec Washington

La frappe israélienne sur la Dahieh a provoqué une crise majeure à Téhéran. Des missiles auraient été préparés contre Israël avant une intervention décisive du Qatar.

2 minutes
18 juin 2026

ParDelphine Miller

Comment le Qatar a empêché une riposte iranienne qui menaçait l’accord avec Washington
Unsplash

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L’accord entre Washington et Téhéran a failli s’effondrer dans les dernières heures précédant sa signature. Après la frappe israélienne menée dimanche sur la Dahieh, bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, plusieurs hauts responsables iraniens ont envisagé une riposte militaire directe contre Israël et le gel du mémorandum d’accord avec les États-Unis.

À Téhéran, la colère a été immédiate. Des missiles auraient été placés sur leurs lanceurs le long de la frontière occidentale du pays, avec des ordres donnés pour préparer des tirs vers Israël autour d’une heure du matin. Ces informations ont été rapportées par le New York Times, qui décrit plusieurs heures de tension au sommet du pouvoir iranien.

Le texte de l’accord avait pourtant déjà été validé au plus haut niveau du régime. Le Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait donné son feu vert au mémorandum et chargé le président du Parlement, Mohammad-Baqer Qalibaf, de le soumettre au Conseil suprême de sécurité nationale. Malgré l’opposition de plusieurs figures de la ligne dure, l’instance avait finalement approuvé le texte.

Mais après la frappe sur Beyrouth, les divisions internes ont éclaté. Le président Massoud Pezeshkian, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et Qalibaf ont défendu l’idée que Benjamin Netanyahu cherchait à piéger l’Iran. Selon eux, Israël voulait provoquer une riposte iranienne, entraîner la région dans une nouvelle escalade et faire échouer l’accord avec Washington.

Les médiateurs qataris ont alors tenté de convaincre Téhéran qu’une attaque contre Israël servirait précisément les adversaires de l’accord. Ils ont multiplié les échanges avec Araghchi et Qalibaf pour empêcher une rupture du processus.

L’Iran a ensuite cherché à obtenir des modifications de dernière minute dans le texte du mémorandum, mais le Qatar a refusé. Doha aurait aussi averti les responsables iraniens que Téhéran risquait de perdre la patience de Donald Trump si la signature était encore retardée.

Cette séquence révèle à quel point l’accord a été fragile jusqu’au bout. Elle montre aussi le rôle central du Qatar dans les dernières heures des négociations, entre pression américaine, colère iranienne et crainte d’une escalade directe avec Israël.