En 2015, lors de sa précédente candidature à la tête du Labour, Burnham apparaissait pourtant comme un soutien sans ambiguïté de l'État hébreu. Proche de l'organisation « Labour Friends of Israel », il avait affirmé que sa première visite officielle à l'étranger, s'il devenait Premier ministre, serait effectuée en Israël. Il s'était également prononcé avec fermeté contre la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qualifiée de « malveillante », et avait salué Israël comme un modèle de droits civiques et de libertés syndicales au Moyen-Orient.
L'attaque du Hamas du 7 octobre marque toutefois un tournant. Dans un premier temps, Burnham condamne sans réserve le massacre et reconnaît le droit d'Israël à se défendre. Mais au fil de la guerre à Gaza, son discours évolue. Il rejoint rapidement les appels à un cessez-le-feu immédiat et signe des textes réclamant la reconnaissance d'un État palestinien ainsi qu'une condamnation de la présence israélienne en Judée-Samarie.
Ses détracteurs y voient l'influence croissante des militants pro-palestiniens et de l'aile gauche du Parti travailliste, particulièrement actifs dans sa région du Grand Manchester. Ses partisans, eux, évoquent une tentative de concilier soutien au droit d'Israël à la sécurité et préoccupations humanitaires.
Cette ligne d'équilibre apparaît également dans ses récentes déclarations. Refusant de qualifier les opérations israéliennes à Gaza de « génocide », comme le réclame une partie de la gauche britannique, Burnham affirme toutefois nourrir « de profondes inquiétudes » quant au caractère qu'il juge disproportionné des destructions dans l'enclave palestinienne.
Sur le plan intérieur, le maire du Grand Manchester plaide pour un Parti travailliste plus inclusif et a pris la défense de plusieurs figures de l'aile gauche sanctionnées ou écartées ces dernières années. Il fixe néanmoins une ligne rouge : le retour de l'ancien chef du Labour, Jeremy Corbyn, qu'il exclut explicitement.
Pour Israël, l'ascension d'Andy Burnham représente donc une équation plus complexe qu'il n'y paraît. L'ancien allié enthousiaste est devenu un homme politique pragmatique, attentif aux évolutions de son électorat et aux nouveaux équilibres internes du Labour. Reste à savoir si cette adaptation relève d'une simple stratégie politique ou annonce un changement plus profond dans la relation qu'il entretient avec l'État hébreu.