Le mémorandum entre Washington et Téhéran est observé avec une attention particulière à Beyrouth. Selon une analyse publiée par Arab News et relayée par Euronews, une interrogation domine désormais le débat politique libanais : cet accord peut-il réduire durablement l’influence du Hezbollah ou, au contraire, lui offrir l’opportunité de se reconstituer ?
Les analyses divergent. Certains estiment que l’Iran, affaibli par des mois de guerre et par l’érosion de son axe régional, disposera de moins de moyens pour soutenir son allié libanais. D’autres considèrent au contraire qu’un allègement des sanctions et la reprise des revenus pétroliers pourraient rapidement redonner à Téhéran des ressources financières et une influence renouvelée au Liban.
Le débat dépasse toutefois la seule question du Hezbollah. Il pose en réalité celle de la souveraineté libanaise. Le président et le Premier ministre libanais affirment que l’État doit être le seul acteur habilité à négocier avec Israël et à définir les futurs arrangements sécuritaires. Mais les détracteurs du Hezbollah soulignent qu’il sera difficile pour Beyrouth de mener une politique pleinement indépendante tant que l’organisation conservera son arsenal militaire.
Le véritable test de l’accord américano-iranien pourrait donc se jouer non pas à Washington ou à Téhéran, mais à Beyrouth. Car au Liban, la question fondamentale reste entière : qui détient réellement le pouvoir de décision, l’État ou le Hezbollah ?