Moyen-Orient

Le « modèle qatari » s’invite au Liban ? Doha pourrait jouer les médiateurs entre Israël et le Hezbollah

Une nouvelle architecture diplomatique semble se dessiner au Liban, avec l’entrée en scène d’un acteur dont le rôle suscite de fortes réserves en Israël.

2 minutes
23 juin 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Le « modèle qatari » s’invite au Liban ? Doha pourrait jouer les médiateurs entre Israël et le Hezbollah
Crédit : Istock

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ActuJ

Après avoir joué un rôle central dans les négociations autour de Gaza, le Qatar pourrait bientôt s’impliquer dans un autre dossier explosif : celui du Liban. Selon plusieurs médias arabes, Doha serait appelée à participer à une médiation visant à instaurer un cessez-le-feu durable entre Israël et le Hezbollah, en parallèle des discussions directes entre Israël et le Liban actuellement menées à Washington sous l’égide des États-Unis.

Le quotidien libanais Al-Akhbar, proche du Hezbollah, affirme qu’une initiative qatarie aurait été validée lors des discussions de Suisse. Elle prévoirait un canal de négociations indirectes entre Israël et le Hezbollah, sans exclure les autorités libanaises officielles. D’autres médias libanais évoquent plutôt un rôle de médiation entre Israël et l’État libanais, en coordination avec Washington et avec le soutien de l’Arabie saoudite.

Le président libanais Joseph Aoun a confirmé avoir été informé des discussions, tout en rappelant que Beyrouth demeurait seul maître de ses décisions : « Nous accueillons favorablement toute aide visant à mettre fin à la guerre, mais personne ne négocie en notre nom ».

Pour le chercheur israélien Yoel Guzansky, ancien membre du Conseil de sécurité nationale et responsable du programme Golfe à l’INSS, cette implication qatarie ne peut être dissociée de la stratégie américaine. « Les Qataris apportent leurs capacités de médiation et leurs moyens financiers, mais quelqu’un leur demande d’entrer en scène. Chaque fois que nous critiquons le Qatar, il faut se rappeler que derrière lui se trouve la Maison-Blanche et ses propres intérêts », estime-t-il.

Selon lui, le cas libanais diffère de celui de Gaza. Le Qatar aurait intérêt à renforcer les institutions de l’État libanais et le président Joseph Aoun afin de réduire l’influence du Hezbollah. Il appelle toutefois à la prudence, estimant que l’utilisation des ressources financières qataries doit faire l’objet d’un contrôle étroit afin d’éviter qu’elles ne profitent indirectement à l’organisation chiite ou à d’autres acteurs armés.

L’éventuelle entrée en scène de Doha ouvre ainsi un nouveau chapitre diplomatique au Liban et place Israël face à un dilemme : considérer le Qatar comme un partenaire utile à la stabilisation du pays du Cèdre ou redouter la répétition d’un scénario qui, aux yeux de nombreux responsables israéliens, a contribué à renforcer le Hamas à Gaza.

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