Pris entre les pressions de Washington et ses propres impératifs sécuritaires, Israël se retrouve dans une impasse au Liban, estime le Wall Street Journal. L'administration Trump souhaite un retrait rapide afin de préserver le cessez-le-feu conclu avec l'Iran, tandis qu'une large partie de la classe politique et de l'opinion israéliennes réclame la poursuite des opérations contre le Hezbollah.
Ces derniers jours, Tsahal a mené plusieurs frappes contre le massif d'Ali al-Taher, dans le sud du Liban, présenté par Israël comme un important complexe souterrain du Hezbollah. Des opérations qui ont suscité l'irritation de Washington. Donald Trump et son vice-président J.D. Vance auraient tous deux critiqué ce qu'ils considèrent comme une ligne excessivement dure de la part d'Israël au Liban.
Pour les experts interrogés par le quotidien américain, Israël se trouve dans une impasse stratégique. Se retirer trop rapidement pourrait permettre au Hezbollah de se reconstituer et donner le sentiment d'une menace inachevée. Mais poursuivre les opérations militaires risque d'aggraver les tensions avec Washington et de fragiliser les équilibres régionaux laborieusement construits ces dernières semaines.
Le dilemme est également politique. Benyamin Netanyahou subit une double pression : celle de ses alliés et de ses adversaires, qui l'exhortent à poursuivre la lutte contre le Hezbollah avant les élections de l'automne, et celle de Donald Trump, qui souhaite refermer le dossier libanais avant les élections de mi-mandat aux États-Unis.
Le débat traverse également la société israélienne. Un sondage réalisé en mai montrait que 57 % des Israéliens soutiennent l'idée d'une zone de sécurité permanente au Liban. Dans le même temps, la population exprime sa frustration face à l'incapacité de mettre définitivement fin aux attaques de drones et de roquettes du Hezbollah.