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Des lycéens grecs retrouvent les descendants de déportés juifs pour leur rendre leurs derniers souvenirs

Des montres, des alliances ou encore des portefeuilles confisqués par les nazis à leur arrivée dans les camps de concentration ont retrouvé leurs propriétaires… ou plutôt leurs familles, plus de 80 ans après la Shoah.

2 minutes
26 juin 2026

ParDelphine Miller

Des lycéens grecs retrouvent les descendants de déportés juifs pour leur rendre leurs derniers souvenirs
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En Grèce, seize établissements scolaires ont participé pendant près d'un an à une initiative mémorielle exceptionnelle menée avec les Arolsen Archives et les ministères grecs des Affaires étrangères et de l'Éducation. Leur mission : retrouver les descendants de prisonniers grecs, notamment juifs, dont les effets personnels étaient toujours conservés dans les archives allemandes.

Les élèves se sont transformés en véritables enquêteurs. En consultant les archives locales, les registres d'état civil et des documents historiques, ils sont parvenus à identifier les familles des cinq victimes grecques concernées. Les objets – montres, alliances, papiers d'identité ou encore stylos – avaient été confisqués lors de l'arrivée des prisonniers dans les camps nazis, principalement à Neuengamme concentration camp, où ils étaient restés conservés pendant des décennies.

Le projet s'inscrit dans la campagne internationale #StolenMemory, qui vise à restituer des milliers d'objets personnels encore conservés par les Arolsen Archives. Pour les familles, ces effets représentent souvent les derniers témoignages matériels d'un proche disparu dans la Shoah.

Cette démarche prend une résonance particulière en Grèce. Avant la Seconde Guerre mondiale, le pays comptait près de 80 000 Juifs, principalement installés à Thessalonique, alors surnommée la « Jérusalem des Balkans ». Entre 1943 et 1944, la quasi-totalité de cette communauté fut déportée vers Auschwitz-Birkenau. Plus de 80 % des Juifs grecs y furent assassinés, l'un des taux de destruction les plus élevés d'Europe.

Au-delà de la restitution d'objets, le projet a permis à de jeunes Grecs de se confronter directement à l'histoire de la Shoah dans leur propre pays. Plusieurs participants ont expliqué que cette expérience leur avait offert une compréhension bien plus concrète de cette période qu'un simple cours d'histoire.

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