Le dossier des logiciels espions, souvent désigné comme « l'affaire Pegasus israélienne », vient de provoquer un séisme au sein de l'appareil d'État. Jeudi soir, les membres de la commission d'enquête gouvernementale chargée d'examiner l'usage de cyber-outils par la police ont remis leur démission au ministre de la Justice, Yariv Levin, dénonçant un sabotage systématique de leur mission.
Dans une lettre sévère, les commissaires pointent du doigt les instances chargées de l'application de la loi (police, parquet et services de sécurité). Ils les accusent d'avoir délibérément entravé leurs travaux depuis leur nomination en août 2023. Refus de transmettre des documents confidentiels, interdiction d'auditionner des témoins clés et climat de suspicion généralisé : la commission estime avoir été la cible de « théories du complot » visant à masquer l'ampleur du scandale.
La commission tire d'ailleurs une sonnette d'alarme inquiétante : les premières preuves recueillies suggèrent que l'espionnage illégal de citoyens et de personnalités publiques serait « bien plus profond et étendu » que ce que les rapports précédents laissaient supposer.
Ces méthodes auraient surtout été employées à l'époque où Rony Alsheikh, ancien numéro 2 du Shin Bet, était chef de la police. La conseillère juridique Gali Baharav Miara a toujours refusé, jusqu'à aujourd'hui, de transmettre ses conclusions sur cette affaire à la Cour suprême, après plus de 40 reports.
Le ministre de la Justice, Yariv Levin, a réagi en fustigeant la Cour suprême. Selon lui, les juges Itshak Amit, Ofer Grosskopf et Khaled Kabub ont « fait cause commune » avec les organes de sécurité pour « étouffer » l'affaire.
Ce clash intervient après que la Cour suprême a proposé un compromis restreignant considérablement le mandat de la commission, suite à un recours de l'ancien chef du Shin Bet, Nadav Argaman. Pour Levin, cette décision est une « trahison » des droits civiques et de la vie privée des Israéliens. « Je n'abandonnerai pas tant que les coupables ne seront pas punis », a martelé le ministre, promettant de poursuivre son combat contre ce qu'il qualifie de « dissimulation d'État ».
L’effondrement de cette commission laisse désormais l’opinion publique israélienne sans réponse sur l’usage potentiellement abusif des technologies de surveillance de masse par sa propre police.
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