Dans la nouvelle zone de sécurité au Liban, Doron Kadosh rapporte que presque tous les combattants interrogés lui ont confié que leur père avait déjà combattu sur ce même front, en 1982 ou en 2006. Aujourd’hui, c’est à leur tour d’y être engagés. L’un d’eux résume cette continuité en une phrase : selon lui, son fils combattra lui aussi un jour au Liban. Ces témoignages rappellent à quel point, pour une partie des réservistes israéliens, ce front reste une histoire familiale autant que militaire.
Sur place, l’armée israélienne met en avant les résultats obtenus. À Ayta a-Shaab, le commandant de la brigade Nahal, le colonel Eran Moial, évoque un « sentiment de victoire » et souligne que les forces israéliennes peuvent désormais évoluer dans la zone avec une liberté de mouvement bien plus grande qu’avant le cessez-le-feu, alors que les drones explosifs du Hezbollah et les missiles antichars limitaient jusque-là fortement leur action.
Mais les propos recueillis auprès des réservistes font apparaître une tonalité plus nuancée. Plusieurs disent leur déception face à l’arrêt des combats, estimant que l’opération a été interrompue avant d’avoir pleinement atteint son objectif. Leur sentiment est que davantage aurait pu être fait pour éloigner durablement la menace qui pèse sur les localités du nord. Et, malgré les acquis mis en avant par l’armée, nombre d’entre eux ne considèrent pas que le danger ait totalement disparu.
Le reportage fait également ressortir le poids croissant supporté par ces hommes. Derrière les taux de présence élevés, il y a des mois de mobilisation, des centaines de jours de réserve pour certains, une fatigue qui s’installe et une pression de plus en plus lourde sur la vie professionnelle et familiale. Pourtant, malgré cette usure et les critiques exprimées à l’égard du cessez-le-feu, ils continuent de répondre présents, avec l’idée que leur mission reste indispensable pour protéger le nord d’Israël et, au-delà, la sécurité du pays. Cette réalité apparaît aussi dans une anecdote rapportée sur place : un réserviste, sorti du Liban pour un entretien d’embauche dans le centre du pays, a reconnu qu’il préférait taire le fait qu’il était combattant de réserve, de peur que cela ne réduise ses chances d’être recruté.
Entre sentiment de victoire affiché par l’armée, frustration sur le terrain et usure croissante des hommes, une même conviction demeure chez ces réservistes : la bataille pour la sécurité du nord n’est pas encore derrière eux.
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