Freddy Eytan, chercheur au Centre de Jérusalem pour les affaires étrangères et la sécurité et ancien diplomate à l’ambassade d’Israël à Paris, a accordé une interview au site israélien Arutz 7 dans laquelle il analyse les récentes déclarations du Président français ainsi que le fait qu'il ait reçu hier le Président syrien, Ahmed Al Sharaa, à l'Elysée.
« C’est un théâtre de l’absurde », déclare Eytan. « Le Premier ministre d’Israël, élu démocratiquement, n’est pas reçu car un mandat d’arrêt a été émis contre lui par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, tandis qu’un terroriste de Daech est accueilli en grande pompe au palais de l’Élysée lors d’un événement très prestigieux. Il est même reçu par la garde d’honneur de la République française. »
Eytan s’interroge, en référence au fait qu'Al Sharaa était un cadre du mouvement terroriste responsable des attentats du Bataclan : « Est-ce qu’un président américain aurait accueilli Ben Laden après les attentats du 11 septembre ? » Selon lui, les démarches françaises découlent d’une vision déconnectée de la réalité, cherchant à faire croire que la France est encore une grande puissance comme autrefois. « Macron tente de résoudre des problèmes en Ukraine et ailleurs, pensant qu’il représente une superpuissance, ce que la France n’est plus depuis longtemps. »
D’après lui, la France n’a pas modifié sa politique depuis l’époque de De Gaulle en 1967. « La France veut être un acteur majeur dans la résolution du conflit palestinien », explique Eytan.
« Macron ne comprend pas ce qui s’est passé le 7 octobre. Il fait tout pour saboter les efforts de Trump visant à normaliser les relations avec la Syrie dans un autre cadre. Il y a une grande différence entre accueillir un terroriste à l’Élysée et coordonner des points de sécurité cruciaux sans caractère diplomatique. »
Eytan estime que cette position découle d’une politique française constante, où la France se considère toujours comme celle qui signa les accords Sykes-Picot avec les Britanniques pour partager la région. Mais il faut se rappeler qu’il y a 80 ans, lors de la conférence qui a mis fin à la Seconde Guerre mondiale, la France n’était même pas présente — seuls Roosevelt, Churchill et Staline y participaient.