La décision est tombée à l’issue d’une réunion exceptionnelle du Conseil des Sages de la Torah de Shas : le parti sépharade ultra-orthodoxe se retire du gouvernement, à l’instar de Yahadout HaTorah, mais choisit – pour l’instant – de ne pas faire tomber la coalition. Une stratégie de pression, sans rupture totale, dictée par le rejet du projet de loi sur l’enrôlement des ultra-orthodoxes.
En coulisses, Benyamin Netanyahu a tenté de convaincre les représentants de Shas de patienter encore un peu. « Accordez-nous un délai », leur a-t-il demandé. Mais l’impasse semble totale : « On ne peut pas siéger dans un gouvernement qui persécute les étudiants en Torah », a déclaré le ministre des Affaires religieuses Michaël Malchieli. Il a néanmoins précisé que Shas ne coopérerait « en aucun cas avec la gauche ».
Conséquence directe de cette décision : tous les ministres et vice-ministres de Shas vont démissionner de leurs fonctions gouvernementales. Seule exception : le chef de Shas, Arié Derry, qui continuera à participer aux réunions du cabinet et aux discussions sécuritaires.
Dans le même temps, et face à l’urgence du vote sur le plan d’indemnisation des citoyens israéliens, le président de la coalition, Ofir Katz du Likoud, a été nommé président temporaire de la commission des finances en remplacement de Moshe Gafni de Yahadout HaTorah qui a lui aussi claqué la porte.
Avec cette série de défections, la coalition ne tient plus qu’à un fil : 60 députés exactement. Le député Avi Maoz du parti Noam joue désormais le rôle de « joker », intervenant ponctuellement pour sauver les votes. Contrairement à Yahadout HaTorah, qui a quitté en bloc gouvernement et coalition, Shas opte pour une tactique plus nuancée : rester à l’intérieur pour faire pression, observer si la défection de leurs alliés ashkénazes produit un électrochoc – et sinon, aller jusqu’au bout.
Mais le retrait de Shas pèse bien plus lourd politiquement que celui de Yahadout HaTorah : les ministres qui démissionnent occupaient des postes de premier plan. Jusqu’à présent, Deri faisait office de médiateur discret mais efficace, notamment durant les tensions autour de la riposte israélienne à l’Iran. Cette fois, même sa patience semble avoir atteint ses limites.