Des images satellites analysées par l’ISIS, reprises par Reuters, révèlent qu’un vaste chantier de nettoyage et de démolition a été lancé sur le site de Mojdeh, au nord de Téhéran. Ce complexe, soupçonné d’abriter des activités liées au développement de l’arme nucléaire, avait été frappé à deux reprises par Tsahal le 18 juin, dans le cadre de l’opération « L’Éveil du Lion » durant la guerre des 12 jours. Plusieurs bâtiments liés à l’Institut de physique appliquée et au groupe Shahid Karimi — sanctionné par les États-Unis pour ses projets de missiles et d’explosifs — ont été rasés puis déblayés entre le 3 juillet et le 19 août.
Pour les experts, l’objectif est clair : effacer toute trace compromettante de recherches nucléaires militaires. « Le travail rapide de l’Iran pour détruire et nettoyer ces bâtiments importants semble viser à limiter toute future inspection », indique le rapport.
Cette stratégie iranienne intervient alors que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) tente de reprendre ses inspections, suspendues depuis la guerre. Son directeur Rafael Grossi rappelle que Téhéran a l’obligation légale de garantir un accès complet à ses installations de Fordow, Natanz et Ispahan. En parallèle, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne (E3) devraient activer dès ce jeudi le mécanisme de retour des sanctions onusiennes, face aux violations répétées de l’accord nucléaire de 2015.
La disparition précipitée des preuves sur le site de Mojdeh illustre la double tactique de Téhéran : afficher un discours officiel de transparence tout en poursuivant ses ambitions nucléaires à l’abri des regards internationaux.