La reconnaissance de l’État palestinien par le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada a été saluée par l’Autorité palestinienne. « C’est la victoire de la vérité », a déclaré le vice-président d’Abou Mazen. Le président n’a pas évoqué les réformes qu’il s’était engagé à mener, tandis que le Hamas a qualifié la décision de « pas important » dans un communiqué officiel.
À Ramallah, les annonces des trois pays ont été célébrées dimanche midi, portant à 151 le nombre d’États reconnaissant la Palestine. « La ‘déclaration Balfour’ des Palestiniens se réalise. Le monde est avec nous », a déclaré un haut responsable de l’Autorité palestinienne. Trois heures après l’annonce, le Hamas a publié une réaction dans laquelle il qualifie le geste de « pas important », tout en soulignant qu’il « doit être accompagné d’actions concrètes ».
Dans sa liste de priorités, le Hamas réclame que ces actions « mènent à la fin immédiate de la guerre, à l’arrêt des plans d’annexion et de judaïsation en Judée-Samarie et à Jérusalem, à l’isolement d’Israël et à la mise en jugement des dirigeants israéliens devant des tribunaux internationaux ». L’organisation affirme que « la résistance à l’occupation est un droit naturel » et appelle à soutenir le peuple palestinien dans sa lutte contre les crimes de l’occupation.
Le Hamas précise également que « cette reconnaissance est un pas important pour affirmer le droit de notre peuple à sa terre et à ses lieux saints, et pour établir un État indépendant dont Jérusalem serait la capitale. C’est un hommage à sa lutte, sa persévérance et ses sacrifices pour la libération et le retour. Les États du monde doivent soutenir notre peuple jusqu’à ce qu’il puisse exercer son droit à l’autodétermination et créer son État ».
D’ici la fin de la semaine, sept à neuf autres pays devraient reconnaître l’État palestinien. Abou Mazen a salué la décision des trois pays occidentaux, sans mentionner les réformes promises à l’Australie et au Canada. Son bureau a précisé : « Cette reconnaissance constitue un pas important et nécessaire vers un règlement juste et durable. Elle ouvre la voie à la mise en œuvre de la solution à deux États et permettra à la Palestine de vivre aux côtés d’Israël en sécurité, en paix et dans de bonnes relations de voisinage ».
Le président a souligné que « la priorité actuelle est le cessez-le-feu, l’acheminement de l’aide humanitaire, la libération de tous les otages et prisonniers, le retrait complet d’Israël de Gaza, la pleine responsabilité de l’État palestinien, la reconstruction et la reprise des activités normales, ainsi que la fin des "colonies et du terrorisme des colons" ».