Selon de nouvelles données publiées par l’ICA, le Centre israélien de toxicomanie et de santé mentale, un étudiant israélien sur six consommerait des médicaments contre le TDAH sans ordonnance. Parmi ces utilisateurs, 11 % présentent un usage considéré comme à haut risque, incluant une prise fréquente, des doses élevées ou une utilisation à des fins non médicales.
Le TDAH, ou trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, est un trouble neurodéveloppemental marqué par des difficultés de concentration, d’impulsivité et parfois d’hyperactivité. Les traitements médicamenteux destinés à ce trouble sont conçus pour aider les personnes diagnostiquées à réguler leur attention. Toutefois, une part importante des étudiants qui consomment ces stimulants n’en souffre pas : ils les utilisent pour augmenter artificiellement leur capacité de concentration pendant de longues heures, en particulier lors des périodes d’examens, ce qui constitue un usage non médical et comporte des risques sanitaires.
L’ICA distingue trois formes d’usage problématique : la consommation par des étudiants non diagnostiqués, l’augmentation des doses au-delà de la prescription pour ceux qui disposent d’une ordonnance, et l’usage détourné, comme l’inhalation du médicament. Le professeur Mario Mikulincer, directeur académique de l’ICAMH, souligne que ces substances sont sûres lorsqu’elles sont utilisées sous supervision médicale, mais qu’une consommation non encadrée peut entraîner des effets physiques et psychiques indésirables.
L’étude révèle également que les étudiants souffrant d’anxiété ou de dépression sont deux fois plus susceptibles de consommer des anxiolytiques sans ordonnance. Ainsi, 19,7 % des étudiants déclarant des symptômes d’anxiété et 19,5 % de ceux rapportant des symptômes dépressifs font un usage jugé dangereux de ces médicaments, contre moins de 10 % parmi les étudiants ne présentant pas ces troubles.
Un autre facteur associé à une consommation accrue concerne l’exposition à des contenus liés à la guerre ou au sentiment de danger personnel : 17,6 % des étudiants se disant exposés à des menaces directes déclarent une utilisation à haut risque, contre 8 % chez ceux déclarant se sentir en sécurité.