Au lendemain de l’attentat antisémite survenu lors d’une célébration de Hanouka à Bondi Beach, à Sydney, la parole des survivants continue de révéler des zones d’ombre troublantes. Rabbi Yossef Aïchenblat, dont la fille Elia, 13 ans, a survécu à l’attaque, a livré un témoignage très critique à la radio publique israélienne Kan Reshet Bet, dans l’émission “Be’Hatsi HaYom”, animée par Esti Perez Ben Ami.
L’adolescente a raconté les minutes de terreur vécues sur place. « Au début, je pensais que c’étaient des feux d’artifice. Puis un agent de sécurité a crié de se coucher au sol. J’ai vu une femme gravement blessée à la jambe, puis un homme armé sur le pont. Des balles ont sifflé au-dessus de moi. Ensuite, j’ai vu quelqu’un arracher l’arme au tireur », a-t-elle témoigné à l’antenne, décrivant une scène de chaos absolu.
Son père dénonce une défaillance grave des forces de l’ordre australiennes. « Les policiers n’ont rien fait. Ils se sont cachés au lieu de tirer sur les terroristes », affirme-t-il. Selon lui, un Israélien présent sur les lieux aurait même exhorté les policiers à intervenir, allant jusqu’à leur dire que, s’ils ne le faisaient pas, il le ferait lui-même. Ces accusations, relayées par Kan, suscitent une vive polémique en Australie.
Rabbi Aïchenblat élargit également sa critique au gouvernement australien. « Cela fait deux ans que nous demandons aux autorités d’agir face à l’antisémitisme. La situation ne cesse d’empirer et rien n’est fait », a-t-il déclaré. Malgré le choc, il insiste sur la résilience de la communauté juive locale : « Nous sommes très tristes, mais nous savons qu’il est essentiel de continuer à diffuser la lumière. Nous avons allumé une hanoukia dans la rue. Il ne faut pas les laisser nous dicter notre conduite. »
L’attentat de Sydney, qui a fait au moins dix morts selon les autorités locales, a provoqué une onde de choc bien au-delà de l’Australie. Plusieurs responsables israéliens ont dénoncé une attaque terroriste antisémite et appelé les gouvernements occidentaux à prendre des mesures plus fermes contre la haine visant les communautés juives. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a de son côté affirmé qu’il n’existait « aucun lien » entre la politique étrangère de son pays et l’attaque, tout en promettant une enquête approfondie.