Dans un concert de réactions internationales majoritairement mesurées, le maire de New York, Zohran Mamdani, s'est distingué ce samedi en condamnant fermement l'attaque américaine contre le Venezuela menée par le président Donald Trump, la qualifiant d'"acte de guerre et de violation du droit fédéral et international".
Le nouveau maire, qui a prêté serment il y a seulement deux jours, a déclaré avoir été informé de la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse, ainsi que de l'intention de les incarcérer dans un centre de détention fédéral à New York. Mamdani a souligné que cette mesure affecte également les habitants de sa ville, dont des dizaines de milliers de Vénézuéliens, marquant ainsi une rare opposition publique au sein même des États-Unis.
Des alliés occidentaux embarrassés
Les réactions en provenance d'Europe et des alliés occidentaux ont été prudentes. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré chercher à "établir les faits" et à s'entretenir avec Trump au sujet de l'opération militaire. "Je dis toujours que nous devons tous respecter le droit international", a affirmé Starmer, précisant que la Grande-Bretagne n'était "aucunement impliquée" dans cette attaque.
Le président français Emmanuel Macron a salué "la libération du peuple vénézuélien" et déclaré que "la transition du pouvoir au Venezuela doit se faire démocratiquement et par des moyens pacifiques". « Le peuple vénézuélien a été libéré aujourd’hui de la dictature de Nicolas Maduro, et c’est une excellente nouvelle. En s’emparant du pouvoir et en bafouant les libertés fondamentales, Nicolas Maduro a gravement porté atteinte à la dignité de son peuple », a-t-il déclaré.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé sur X que la Commission "se tient aux côtés du peuple vénézuélien et soutient une transition pacifique et démocratique. Toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations Unies."
Les réactions européennes ont continué d'affluer dans la journée. Le ministère suisse des Affaires étrangères a appelé à "une réduction des tensions, à la retenue et au respect du droit international, notamment à l'interdiction du recours à la force et au principe du respect de l'intégrité territoriale". Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a qualifié l'attaque de "développement dramatique", ajoutant : "Nous devons renouer avec la voie de la désescalade et du dialogue. Le droit international doit être respecté."
Le ministère tchèque des Affaires étrangères a déclaré qu'"il est important de calmer la situation et d'engager des négociations diplomatiques, y compris avec la participation de l'opposition vénézuélienne".
Un soutien sans faille du Kosovo et de l'Ukraine
À contre-courant de cette prudence généralisée, la présidente du Kosovo, Vjosa Osmani, a exprimé son soutien sans équivoque à l'initiative américaine, affirmant que son pays "reste solidaire" du président Trump. "Quand l'Amérique prend les devants, nous sommes fiers d'être unis, car notre liberté commune en dépend", a-t-elle écrit sur X.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sibiha, a également soutenu l'opération, affirmant que "le peuple vénézuélien doit avoir la possibilité de vivre une vie normale, en sécurité, dans la prospérité et dans la dignité". Il a précisé sur X que son pays ne reconnaissait pas la légitimité de Maduro suite aux "élections truquées et aux violences contre les manifestants".
Cuba, la Chine et la Russie montent au créneau
Sans surprise, la Chine et la Russie ont fermement condamné l'attaque américaine. Le président cubain Miguel Díaz-Canel s'est joint à elles avec une virulence particulière, qualifiant l'opération de "criminelle" lors d'un rassemblement réunissant des milliers de personnes à La Havane, sur la "Tribune anti-impérialiste" située en face de l'ambassade des États-Unis.
"L'Amérique latine n'est pas la zone d'influence où les États-Unis agissent à leur guise", a tonné Díaz-Canel. "L'attaque contre le Venezuela détruit la stabilité qui a caractérisé notre région pendant des années. L'attaque menée aux premières heures du matin contre un peuple pacifique et noble ne peut être qualifiée que de lâche, criminelle et perfide."
Le dirigeant cubain a exigé des États-Unis la preuve que Maduro est toujours en vie, affirmant que l'attaque n'avait pas pour but d'enrayer le trafic de drogue, pour lequel "aucune preuve n'a jusqu'à présent établi de lien entre Maduro et ce trafic", mais de "conquérir" le pétrole et les ressources naturelles du Venezuela par le biais du "terrorisme d'État", qu'il a comparé à "l'attaque israélienne contre Gaza".
Ces déclarations interviennent alors que le secrétaire d'État Marco Rubio a laissé entendre lors d'une conférence de presse à Mar-a-Lago que Cuba pourrait être la prochaine cible des efforts de l'administration Trump pour réaffirmer la domination américaine dans l'hémisphère occidental. "Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement cubain, je serais pour le moins quelque peu inquiet", a déclaré Rubio.
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