Le rapport publié le 6 janvier 2026 par le contrôleur de l’État dresse un constat sévère : environ un tiers des citoyens israéliens ne bénéficient pas d’une protection adéquate face aux tirs de roquettes. Fruit d’audits menés dans des dizaines de municipalités et de ministères durant la guerre des Épées de fer, le document pointe des défaillances systémiques touchant les abris, les hôpitaux, le système éducatif et la prise en charge psychologique.
Selon le rapport, dans plusieurs villes comme Ashkelon, Holon, Givatayim ou encore dans la région du Gilboa, de nombreux abris publics étaient inutilisables : portes rouillées, issues de secours bloquées, infiltrations d’eau, absence de signalisation et état de négligence avancé. Le constat est tout aussi alarmant dans le secteur hospitalier : plus de la moitié des lits situés dans des zones à haut risque ne sont pas protégés, et seuls 17 % des salles de cathétérisme répondent aux normes de blindage exigées. Les unités de soins intensifs et les blocs opératoires figurent également parmi les espaces exposés.
Le rapport souligne en outre l’effondrement partiel des dispositifs de résilience psychologique. Les centres spécialisés n’ont pas pu faire face à la demande, et le ministère de la Santé n’a pas mis en place de système renforcé pour traiter les traumatismes, notamment chez les enfants touchés par la guerre.
Face à ces conclusions, Tsahal a publié une réponse officielle qui tranche nettement avec celle du contrôleur. L’armée reconnaît la nécessité d’améliorations, mais insiste sur un point central : la responsabilité du blindage des bâtiments incombe avant tout aux propriétaires, tandis que l’entretien et le contrôle des abris publics relèvent des autorités locales, conformément à la loi sur la défense civile. Le Commandement du front intérieur affirme ne pas disposer de compétences légales pour intervenir dans les abris privés, se définissant comme un organe de doctrine, d’accompagnement et de contrôle, et non comme un gestionnaire des infrastructures civiles.
Concernant les hôpitaux, Tsahal souligne avoir tiré des enseignements opérationnels pendant la guerre, en coordination avec le ministère de la Santé, et indique que des ajustements législatifs sont en cours. Son rôle, selon l’armée, se limite à l’approbation des plans de protection et à l’élaboration de politiques de défense adaptées, complétées par des exercices réguliers visant à sauver des vies en situation d’attaque.
Cette opposition frontale met en lumière un fossé préoccupant entre les constats institutionnels et la répartition réelle des responsabilités. Alors que le rapport du contrôleur de l’État, sous l’autorité de Matanyahu Englman, parle d’un échec global de l’appareil civil, Tsahal renvoie clairement la balle aux autorités locales et aux propriétaires, posant une question centrale pour l’après-guerre : qui doit, concrètement, garantir la protection des civils israéliens en temps de crise.
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