L'agence de notation internationale Moody's a relevé vendredi ses perspectives pour Israël de "négatives" à "stables", tout en confirmant la note de crédit du pays à Baa1. Cette décision marque un tournant après deux années de guerre.
Cette amélioration constitue un signe de confiance renouvelée des marchés internationaux dans la capacité de l'économie israélienne à se redresser. Elle repose essentiellement sur le constat que "l'exposition d'Israël aux risques géopolitiques a considérablement diminué par rapport aux niveaux précédemment considérés comme très élevés".
Le rapport de Moody's aborde directement les événements sécuritaires majeurs de l'année écoulée. Les économistes de l'agence soulignent que la fin de la confrontation militaire directe avec l'Iran en juin 2025, ainsi que les cessez-le-feu fragiles conclus avec le Hamas à Gaza (2025) et le Hezbollah au Liban (2024), sont des facteurs clés qui ont permis de réduire les risques.
"Bien que le contexte sécuritaire demeure fragile", indique le rapport, "l'économie israélienne a fait preuve d'une résilience impressionnante face aux conflits de ces deux dernières années."
Moody's ne passe toutefois pas sous silence le lourd tribut payé par l'économie. La guerre a creusé un important déficit budgétaire. Alors qu'avant le 7 octobre 2023, les prévisions tablaient sur une baisse du ratio dette/PIB vers 50%, la dette devrait désormais se stabiliser autour de 68% du PIB, soit une hausse d'environ 18 points de pourcentage par rapport aux prévisions initiales.
Des perspectives de croissance favorables
Malgré cet endettement accru, l'agence entrevoit des perspectives relativement favorables à court terme. Moody's estime que 2026 sera marquée par une reprise rapide, avec une forte croissance du PIB de 5,0%, un chiffre nettement supérieur à celui des autres économies développées. Les années suivantes, la croissance devrait se stabiliser entre 3,0% et 3,5%.
Le principal moteur de cette croissance demeure le secteur israélien des hautes technologies, qui a su maintenir ses flux d'investissement malgré les difficultés.