Israël

Procès Netanyahou: nouvelles secousses

Le témoignage d'un des enquêteurs principaux des dossiers concernant le Premier ministre interroge sur les méthodes du Parquet.

4 minutes
3 février 2026

ParGuitel Benishay

Procès Netanyahou: nouvelles secousses
Photo by Miriam Alster/Flash90

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Yoram Naaman était l'un des enquêteurs principaux sur les dossiers concernant le Premier ministre qui ont conduit à sa mise en accusation et aux procès qui se déroulent actuellement.

Son témoignage à la barre cette semaine sème le trouble sur les méthodes employées par le Parquet et sur les fondements des accusations qu'il porte contre Binyamin Netanyahou.

L'affaire 4000

Ainsi le dossier 4000 est basé sur une ''couverture médiatique favorable'' que le Parquet a ensuite transformé en ''une couverture médiatique exceptionnellement favorable'' de la part du site Walla!. Ces articles auraient été publiés à la demande du Premier ministre en échange de faveurs pour son directeur Shaul Alovitch, également directeur de Bezeq dans le cadre de la fusion de l'entreprise avec Yes. Naaman a reconnu devant la Cour qu'aucune enquête n'avait été menée sur une ''couverture médiatique favorable'' ou même ''exceptionnellement favorable''.

Me Hadad (avocat de Binyamin Netanyahou) : La couverture exceptionnelle est un concept totalement différent. Pour une couverture favorable, vous examinez les articles, pour une couverture exceptionnelle, qui est un concept relatif, vous devez faire des comparaisons avec d'autres sites et d'autres politiciens. C'est une enquête complètement différente. Êtes-vous d'accord avec moi ?

Naaman : "Oui, c'est une enquête différente. Mais c'est le parquet qui a décidé".

Me Hadad : Mais vous voyez qu'un acte d'accusation a été déposé sur une chose, alors que vous avez enquêté sur autre chose. Vous ne dites pas "faisons un complément d'enquête ou quelque chose" ?

Naaman : "Non, c'est une décision du Parquet".

Concernant le concept de "couverture favorable", Naaman a également admis qu'aucune étude complète du site Walla! n'avait été effectuée. À la question posée par le juge Oded Shaham, Naaman a répondu qu'il avait conclu à une couverture favorable selon "des conversations avec Ilan Yeshua, Iris Alovitch, dans le contexte de toutes les couvertures sur Walla!, avec l'intention de favoriser le Premier ministre et sa famille. Les conversations font référence à tel ou tel article. C'est pourquoi notre approche était basée sur des conversations qui traitent en fait d'articles".

Le juge Shaham : Avez-vous vérifié les articles ?

Naaman : "J'ai dit que nous avons présenté tout ce qu'il y avait à présenter au Premier ministre. La décision de savoir s'il s'agit d'une couverture positive ou favorable est une décision du parquet".

Le juge Shaham : Comment peut-on arriver à une conclusion sur cette question ? Logique de base ?

Naaman : "Nous présentons les preuves, les réponses du Premier ministre, et les conversations de Shaul Alovitch concernant ces couvertures. Le parquet prend une décision si la couverture est favorable ou non".

Shaham : Mais sur quelle base prend-il une décision ?

Naaman : "Selon la couverture qui a été faite (qui, selon ses dires, n'a pas été examinée, NDLR)".

L'affaire 3000

Le témoignage de Naaman a également abordé l'affaire dite "des sous-marins", baptisée "dossier 3000" — un numéro qui laisse entendre un lien avec les affaires Netanyahou (1000, 2000, 4000). Naaman assume avoir lui-même choisi ce code, avant d'être vertement réprimandé par l'ancien chef de la police RonyAlsheikh. "C'était une erreur", concède-t-il aujourd'hui.

Surtout, il admet avoir lancé des investigations sur Netanyahou dans ce dossier sans autorisation du conseiller juridique du gouvernement, et sans aucune preuve tangible. "Il y avait une thèse", se justifie-t-il. Mais lorsque Me Hadad lui demande pourquoi l'enquête s'est poursuivie malgré l'absence de feu vert légal, Naaman se réfugie derrière la "dynamique des témoignages" : dès qu'un témoin mentionne le Premier ministre, "il est naturel de poser des questions".

Un témoignage qui pose question sur la manière dont les enquêtes et les actes d'accusation ont été menés contre Netanyahou et qui alimente les critiques de la défense sur la régularité des procédures ayant mené à l'inculpation du Premier ministre.


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