Le parquet de l'État a déposé ce mercredi des actes d'accusation auprès du tribunal de district de Beersheva contre treize suspects impliqués dans un vaste réseau de contrebande de marchandises vers la bande de Gaza. Parmi eux figure Bezalel Zini, frère du chef du Shin Bet, David Zini.
Les prévenus sont notamment poursuivis pour aide à l'ennemi en temps de guerre, un chef d'accusation qui reflète la gravité des faits reprochés. Selon le parquet, ils ont agi en toute connaissance de cause, sachant que ces marchandises prohibées pourraient parvenir au Hamas et à ses membres. Les accusés estimaient qu'il était "presque certain" que cela aiderait l'organisation terroriste dans la guerre contre Israël.
Le rôle du frère du chef du Shin Bet
L'acte d'accusation détaille le rôle de Bezalel Zini dans ce trafic. Selon le document, Menachem Aboutbul, l'un des contrebandiers, a d'abord approché Aviel, un soldat sous les ordres de Zini, commandant de réserve de la Force Uriah, chargée de détruire des bâtiments à Gaza. Bezalel Zini commandait alors la "Force Uriah" chargée de démolir des bâtiments à Gaza. Son rôle dans cette unité de réserve lui donnait accès aux camions transportant des marchandises dans l'enclave. Aviel a ensuite proposé à Zini de participer à l'opération et de partager les profits : 15 000 shekels chacun. Zini a accepté le pot-de-vin.
D'après l'acte d'accusation, le trafic s'est déroulé comme suit : Aboutbul a transféré les marchandises dans la voiture de Zini près du kibboutz Sufa. Zini et Aviel sont ensuite passés par le point de passage de Sufa, ont déchargé les marchandises à l'intérieur de Gaza, puis sont retournés en Israël. Pour cette seule opération impliquant un carton de cigarettes, Zini et Ben David ont gagné 30 000 shekels, partagés équitablement entre eux.
Un réseau organisé et lucratif
Les actes d'accusation révèlent une organisation bien rodée qui a permis d'acheminer des biens d'une valeur de plusieurs millions de shekels vers Gaza. Parmi les autres inculpés figurent les frères Eliran (38 ans) et Avi Elgrabli (41 ans), Imad Aldin Abu Moch (55 ans), Ofer Sankar (41 ans), Yosef Yochananov (39 ans), Yuri Yakubov (42 ans), Menachem Aboutbul (39 ans), Nadav Halfon (30 ans), Meir Levy (26 ans), Oshhri Dahan (39 ans), Yaron (Beni) Peretz (52 ans), Atar Even (37 ans), ainsi que la société Anona appartenant à Avi Yaron.
Le dossier décrit douze opérations de contrebande, dont la grande majorité ont abouti. L'opération la plus lucrative, menée fin août 2024 par Yaron Peretz et les frères Elgrabli sous la direction d'Amir Halperin et Nadav Halfon, concernait 26 cartons de cigarettes et a rapporté 3,9 millions de shekels.
Outre les cigarettes, des centaines de téléphones portables ont été introduits clandestinement dans la bande de Gaza lors de quatre incidents distincts. Fin octobre 2024, une centaine d'iPhones, d'appareils "basiques" et même du matériel médical ont été introduits par le point de passage de Sufa. Cette opération a généré 900 000 shekels partagés entre les frères Elgrabli, dont 450 000 transférés à Yosef Yochananov et 450 000 répartis entre Menachem Aboutbul et Nadav Halfon.
En novembre 2024, deux opérations distinctes ont permis d'introduire 400 iPhones à chaque fois dans la bande de Gaza, générant 310 000 shekels partagés entre les frères Elgrabli et Peretz, tandis qu'Atar Even recevait 40 000 shekels pour la première opération. Le 25 octobre, une autre opération impliquant une douzaine de cartouches de cigarettes et entre 30 et 50 iPhones a rapporté 500 000 shekels aux participants.
Une opération d'envergure déjouée
L'acte d'accusation décrit également une vaste opération de contrebande qui a échoué. Il était prévu d'introduire dans Gaza une cargaison comprenant des batteries, des téléphones portables (dont de nouveaux iPhones), des câbles pour systèmes solaires, des pièces automobiles et des plaques de cuisson à gaz domestiques. Cette opération, qui devait transiter par le poste frontière de Sufa, a été interceptée par les forces de sécurité.
Les faits se sont déroulés à partir de l'été 2024, alors que la bande de Gaza était toujours en guerre et déclarée zone militaire fermée. L'accès à cette zone n'était autorisé par les autorités de sécurité que pour des raisons opérationnelles, et les points de passage réglementés faisaient l'objet d'une procédure d'inspection rigoureuse, tant pour l'entrée effective que pour la qualité et la quantité des marchandises introduites.
Selon le parquet, ces marchandises ont notamment été utilisées par des terroristes du Hamas et ont contribué à la survie économique de l'organisation.
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