Selon une enquête du Guardian, plusieurs Palestiniens en situation illégale ont été expulsés des États-Unis vers la Judée-Samarie à bord d’un jet privé appartenant au magnat immobilier floridien Gil Dezer, partenaire de longue date de l’ancien président Donald Trump. L’opération, qualifiée de « secrète et politiquement délicate », a suscité des critiques aux États-Unis et en Europe.
Le 21 janvier, huit Palestiniens, vêtus de survêtements fournis par les prisons américaines et transportant de maigres effets dans des sacs en plastique, ont été déposés par des agents israéliens près de Ramallah après un vol transcontinental en jet privé. « Comme des animaux abandonnés au bord de la route », a déclaré l'un deux, Maher Awad, 24 ans, originaire des territoires palestiniens et ayant vécu près de dix ans aux États-Unis.
Le jet de luxe, surnommé par Dezer « mon petit vaisseau spatial », a décollé d’un aéroport proche d’un centre de détention pour migrants en Arizona, avec escales pour se ravitailler dans le New Jersey, en Irlande et en Bulgarie. Selon Human Rights First, l’avion a été utilisé pour plusieurs vols similaires depuis octobre dernier, notamment vers l’Afrique, avant ces opérations vers Israël.
Awad et d’autres expulsés ont été pris en charge à l’aéroport Ben Gourion par des agents israéliens avant d’être conduits vers des points de contrôle en Judée-Samarie. Muhammad Canaan, professeur d’université à proximité du lieu de dépôt, a raconté avoir hébergé temporairement les expulsés et leur avoir fourni à manger.
Le coût de ces vols, estimé entre 400 000 et 500 000 dollars par trajet aller-retour, a également été dénoncé. Ni le département américain de la Sécurité intérieure ni le département d’État n’ont fourni de détails sur l’opération, se contentant de rappeler que les personnes en situation irrégulière peuvent être expulsées.
L’opération a provoqué un tollé en Irlande, où l’avion a effectué une escale à l’aéroport de Shannon. Le gouvernement irlandais a déclaré que les vols n’avaient ni embarqué ni débarqué de passagers sur son territoire et qu’aucune autorisation spéciale n’était nécessaire. Des responsables politiques locaux ont néanmoins condamné l’usage de l’aéroport pour soutenir ce type d’expulsion.
Gil Dezer, donateur de Trump et membre de l’association Friends of the IDF, a déclaré au Guardian qu’il ignorait l’identité des passagers transportés par son jet et n’a pas répondu aux questions concernant la collaboration avec l’administration Trump.
Cette opération intervient dans un contexte de vives polémiques aux États-Unis sur les pratiques de l’ICE, notamment les interventions violentes dans certains centres-villes et les expulsions controversées.
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