L’enquête autour de la fuite d’une vidéo sensible du centre de détention de Sde Teiman, qui avait provoqué un scandale national, continue de susciter des tensions entre la police israélienne et le ministère de la Justice. Au cœur de la controverse : la question d’un possible conflit d’intérêts impliquant la procureure générale Gali Baharav‑Miara.
La vidéo, diffusée en août 2024, montrait des réservistes de l’armée israélienne maltraitant un détenu palestinien. L’ancienne juriste en chef de l’armée, Yifat Tomer‑Yerushalmi, avait admis avoir autorisé la fuite de ces images, ce qui avait entraîné son départ et l’ouverture d’une enquête policière.
La police a annoncé récemment avoir clos l’enquête pénale, confirmant qu’il n’existe aucune preuve de l’implication directe de Gali Baharav‑Miara ou de son bureau dans la fuite ou sa couverture. Toutefois, le dossier ne sera pas transmis dans son intégralité au bureau du procureur général, mais plutôt à l’avocate principale du ministère de la Justice, Yael Kotik, pour évaluer une éventuelle question de conflit d’intérêts.
Dans une lettre officielle, Yael Kotik a affirmé que les éléments fournis jusqu’ici par la police ne suffisent pas à statuer sur ce point. Elle demande un résumé structuré des faits pertinents, détaillant les liens et l’implication de toutes les parties concernées, afin d’examiner si la poursuite ou la supervision de l’enquête pourrait être juridiquement compromise. Elle a souligné que des déclarations générales ne permettent pas de dissiper ou de confirmer une telle crainte.
La police, de son côté, assure que l’enquête a suivi toutes les étapes nécessaires, mais précise qu’elle attend toujours l’avis du ministère de la Justice pour décider des suites judiciaires éventuelles. Le chef de la police Danny Levy a opté pour cette approche après une décision de la Haute Cour de Justice recommandant qu’un inspecteur externe indépendant examine le dossier en raison de sa sensibilité.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions institutionnelles au sein du système judiciaire israélien, où le rôle du procureur général et le degré d’indépendance des enquêtes pénales ont déjà été l’objet de vifs débats entre le ministère et d’autres branches de l’État.
En résumé, si la police a écarté l’implication pénale de Gali Baharav‑Miara dans la fuite de la vidéo, la question d’un conflit d’intérêts potentiel reste à trancher. Reste à savoir si le résumé du dossier transmis à Yael Kotik permettra au ministère de la Justice de formuler une position claire et de statuer sur l’impartialité de la procédure.
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