La conseillère des Français de l'étranger, Daphna Poznanski-Benhamou, a remis hier (lundi) en mains propres une lettre à la ministre française de l'Egalité entre les Femmes et les Hommes et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé.
Cette dernière est actuellement en visite en Israël et a été reçue à l'Ambassade de France hier soir, où elle a rencontré des représentants de la communauté francophone en Israël.
Lors de la rencontre entre la ministre et les cinq Conseillers des Français de l'étranger, Daphna Poznanski-Benhamou a tenu interpeller Aurore Bergé sur deux points : l'antisémitisme en France et l'interruption du dialogue franco-israelien depuis octobre 2023 soit au moment où Israël en aurait eu le plus besoin.
Dans sa lettre, Daphna Poznanski-Benhamou fustige le gouvernement français et le Président de la République pour ne pas avoir agi concrètement face à l'augmentation des actes antisémites en France, créant un malaise profond chez les Juifs de France.
Voici la lettre de Mme Poznanski-Benhamou:
Madame la Ministre,
Je vous souhaite la bienvenue en Israël. Néanmoins, n’est-il pas trop tard ? Dans son discours commémorant l’assassinat d’Ilan Halimi, le Président Macron a déclaré : « Il y a eu trop de mots. Il y a eu trop de morts ». N’a-t-il pas prononcé cette phrase parce qu’il savait que c’est cette phrase que les Français juifs et les Franco-Israéliens lui renverraient ?
J’accuse, avec les Français d’Israël, la République Française de n’avoir pas pris la mesure de l’antisémitisme en France. Il y a près de 50 ans, les étudiants juifs étaient accueillis à l’entrée de la faculté des lettres à Nice sous les huées de l’extrême-gauche. Il y a près de 50 ans, quand l’extrême-droite a jeté une grenade dans le jardin d’enfants de la communauté juive à Nice, le Préfet de l’époque a intimé aux dirigeants communautaires de faire silence. J’accuse tous les gouvernements français depuis 50 ans d’avoir préféré détourner le regard tandis que le poison antisémite se répandait sans frein dans la société.