Tribune

''La France est devenue une province du Qatar'': entretien avec Shimon Bretholz, conseiller en matériel de défense et sécurité

Analyse de la décision française d'interdire la présence d'un pavillon israélien au salon Eurosatory.

3 minutes
2 juin 2026

ParGuitel Benishay

''La France est devenue une province du Qatar'': entretien avec Shimon Bretholz, conseiller en matériel de défense et sécurité
Photo: Copyleft https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.en

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On apprenait hier (lundi) que la France interdisait cette année aussi la présence d'un pavillon israélien au salon Eurosatory à Paris.

Pour Shimon Bretholz, conseiller en matériel de défense et sécurité, la raison derrière cette décision n'est pas à chercher dans la politique hostile de la France envers Israël ni même dans une crainte de la concurrence de l'industrie de défense israélienne.

Il avance une autre explication au micro de Daniel Haïk sur StudioJ Qualita : ''Personnellement, je ne pense pas que ce soit une question de concurrence ici. Je pense simplement que la France est devenue une province du Qatar et qu'on lui dicte un petit peu ce qu'elle doit faire au niveau de sa politique internationale et certainement avec Israël. Il faut savoir que la France achète quand même encore aujourd'hui du matériel israélien via des sociétés israéliennes qui ont des chaînes de fabrication en Europe''.

Le spécialiste explique néanmoins que le timing choisi par le gouvernement français pour annoncer cette décision d'exclusion est représentative de l'hostilité de la France envers Israël: ''Il faut savoir que les sociétés qui s'engagent pour faire le salon d'Eurosatory s'engagent pratiquement deux ans à l'avance, réserve, paye, s'engagent sur des transports de matériel, etc. Et que donc de nouveau prendre une décision à 15 jours du salon, même pas, c'est d'abord un comportement qui est inadmissible et ça dénote vraiment une attitude très hostile vis-à-vis d'Israël de la part de la France'', souligne Shimon Bretholz.

Puis il poursuit: ''Mais que reste-t-il de la France aujourd'hui encore ? On peut gentiment se le demander''.
Israël ne s'est pas ému outre mesure de la décision française et a indiqué que si la France ne voulait pas de leur stand, il serait présent dans d'autres salons de toute façon. ''Ça, c'est une évidence. Il y a beaucoup d'autres salons, que ce soit en Angleterre, aux États-Unis, en Allemagne, qui sont très intéressants pour les Israéliens et où ils sont plus que les bienvenus. Je pense que la France se met en défaut, essaie peut-être de jouer une carte, mais ça n'arrangera rien'', estime Bretholz.