Je vais le dire clairement, je suis en colère d’abord puis j’ai de la peine. Pas contre nos ennemis. Leur haine est ancienne, assumée, revendiquée. Elle ne surprend plus personne. Je suis en colère contre nous. Contre cette tentation silencieuse du repli. Contre ces décisions prises à voix basse : vendre, déplacer, transférer, geler, attendre. Contre cette petite musique qui dit : « On verra quand ça ira mieux. » Quand cela ira mieux ?
Mais quand, dans l’histoire juive, cela “allait mieux” avant que certains aient décidé d’agir ? Vous pensez que 450 millions de musulmans qui entourent Israël vont par miracle nous aimer. Que les Turc, les Iraniens les Irakiens les Syriens vont adorer Israël demain.
En pleine guerre, alors que des dizaines de milliers de réservistes ont quitté leurs entreprises, leurs familles pour défendre le pays, alors que des familles vivent au rythme des sirènes, alors que l’économie d’Israël subit le choc du conflit, certains choisissent la prudence absolue. D’autres choisissent la distance. Quelques-uns choisissent même le départ. On invoque la peur. On invoque l’économie. On invoque l’avenir des enfants. Mais l’avenir des enfants juifs s’est-il jamais construit dans la fuite ? Mais les 10 millions d’Israéliens n’ont pas peur pour leurs enfants ? À Tel Aviv sur Rotschild, Bénédicte et Japanika ont fermé, sur Dizengoff Segafredo a fermé. Soyons honnêtes, Israël n’est pas seulement un État. Israël est le centre nerveux du peuple juif. Sa fragilité économique n’est pas une statistique abstraite ; elle est un signal stratégique. Une économie affaiblie, c’est une société fragilisée. Une société fragilisée, c’est un pays exposé. Or que voyons-nous ?
Des capitaux qui s’installent ailleurs « temporairement ».
Des projets immobiliers suspendus.
Des investissements retardés.
Des entrepreneurs qui expliquent que le climat n’est plus favorable.
Bien sûr que le climat n’est pas favorable. C’est une période de guerre.
C’est précisément pour cela que la question morale devient aiguë.
On ne peut pas exiger du soldat qu’il reste au front si l’investisseur quitte le terrain. On ne peut pas célébrer la résilience israélienne et, en même temps, retirer sa confiance économique. On ne peut pas parler d’unité nationale et pratiquer la diversification prudente loin du tumulte.
Il ne s’agit pas de condamner les situations individuelles. Chacun a ses contraintes, ses angoisses, ses réalités. Mais il s’agit de poser une question collective : quelle image donnons-nous à nous-mêmes lorsque, dans l’épreuve, la première réaction est la protection individuelle ? Nous sommes un peuple qui a survécu parce qu’il a su faire l’inverse : investir quand c’était risqué, construire quand c’était incertain, immigrer quand c’était dangereux.
Les pionniers n’avaient aucune garantie.Les fondateurs de l’État n’avaient aucune supériorité militaire.
Les générations suivantes ont bâti sous la menace permanente. Et nous, aujourd’hui, à la première grande secousse économique liée à une guerre, nous hésiterions ? La diaspora aime Israël. Elle le prouve souvent. Les dons affluent, les missions de solidarité s’organisent, les déclarations de soutien se multiplient. Mais l’amour véritable se mesure dans les choix structurels, pas seulement dans l’émotion. Un don ponctuel ne remplace pas un investissement durable. Une visite de solidarité ne remplace pas une décision stratégique. Un message sur les réseaux ne remplace pas une implantation économique. Une manifestation par ci par là et vous croyez avoir sauvé Israël.
Ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas seulement la victoire militaire. C’est la confiance. Or la confiance est une matière fragile. Elle repose sur une conviction simple : nous restons, nous venons nous visitons nous investissons.
Restons malgré l’incertitude.
Restons malgré les risques.
Restons parce que c’est précisément dans ces moments que se joue l’avenir.
Ma colère est celle d’un frère. Elle n’est pas accusatrice, elle est exigeante. Elle dit : nous valons mieux que nos réflexes de protection immédiate. Elle dit : l’histoire nous regarde. Elle dit : Israël n’est pas un actif parmi d’autres, c’est une responsabilité. On nous répète souvent que l’État d’Israël est l’assurance-vie du peuple juif. Très bien. Mais une assurance-vie doit être alimentée, soutenue, consolidée. Elle ne fonctionne pas si chacun retire sa mise au moment où le risque augmente. La question n’est pas « qui a peur ? » La question est : que faisons-nous de cette peur ? La transformons-nous en retrait discret ? Ou en engagement plus fort ?
Je ne demande pas l’héroïsme de tous.
Je demande la cohérence. La guerre existentielle contre l’Iran devrait arriver. Cela entraînera d’autant plus l’aide de la diaspora d’abord ici sur le terrain en Israël. Si nous croyons qu’Israël est central, alors nos décisions économiques doivent le refléter. Si nous croyons qu’Israël est vital, alors nos choix doivent le renforcer. Si nous croyons que cette guerre est existentielle, alors notre soutien ne peut pas être périphérique. La tentation du repli est humaine. Mais la fidélité est une décision. Et aujourd’hui, plus que jamais, Israël a besoin de décisions.
Alors venez en Israël quelques jours en vacances venez visiter vos familles. Venez vous marier en Israël. Venez dépenser votre argent, acheter un appartement il sera plus cher si vous attendez. Ok le billet d’avion est cher, l’hôtel est cher, le restaurant est cher la vie est chère. Vous préférez aller à Marrakech à Marbella. C’est cela votre amour d’israël.
Venez nous vous attendons nous vous aimons et c’est aujourd’hui qu’Israël a besoin de vous.
Docteur Bruno Lellouche
Association NETSAH
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