Plus d’une semaine s’est écoulée depuis le début des hostilités, les réactions sont nombreuses à travers le monde, mais il y en a une qui retient plus particulièrement mon attention. Il s’agit de la position française.
Une position indéchiffrable, en tout cas au regard de la logique et du bon sens. Sans évoquer évidemment les valeurs communes qui auraient dû dicter à la France de se placer quasiment automatiquement du côté de la plus vieille démocratie du monde vis-à-vis de laquelle elle a contracté à deux reprises une dette imprescriptible, mais aussi aux côtés de la seule démocratie du Proche-Orient.
Essayons malgré tout de comprendre les propos du Président Macron lors de son intervention de la semaine dernière.
Les opérations actuelles seraient « en dehors du droit international et donc illégales ».
Factuellement c’est faux car l’usage de la force est autorisé en légitime défense face à l’agression armée, ce que l’Iran n’a cessé de faire contre Israël par le biais de ses « proxys » à nos frontières, le Hamas, le Hezbollah et le Djihad islamique sans compter les attaques des Houthis et autres factions iraniennes et pro-iraniennes de la région. Rappelons également que c’est l’Iran qui a ouvert les hostilités directes contre Israël avec l’attaque du 13 avril 2024 au cours de laquelle plus de 330 missiles balistiques et drones ont été lancés contre des cibles civiles en Israël.
Politiquement et diplomatiquement c’est une aberration car le droit international est conçu pour régir les rapports entre les entités qui le respectent. Le Président Macron pense-t-il vraiment que l’Iran des mollahs accorde la moindre valeur au droit international et au droit tout court ?
Le droit de la guerre existait déjà pendant la seconde guerre mondiale, la SDN, la Société des Nations, l’ancêtre de l’ONU était encore en fonction jusqu’en 1946 avec ses règles d’interdiction du recours à la force. Le Président Macron pense-t-il donc que les Alliés ont agi en dehors du droit international en bombardant massivement l’Allemagne nazie pour mettre un terme à un régime de terreur auquel celui des mollahs iraniens n’a pas grand-chose à envier ?
Monsieur Macron considère-t-il donc que Churchill ou Roosevelt agissaient « en dehors du droit international » ?
Que vaut vraiment le droit international qui a autorisé la France à accueillir en grandes pompes à Paris le 26 novembre dernier Abbas Araghchi, le ministre iranien des Affaires étrangères dont le gouvernement massacre ses propres citoyens mais interdit le territoire de l’Hexagone au Premier ministre élu de la démocratie israélienne ?
« Il faut une solution diplomatique » a encore poursuivi le Président de la République.
Le président Macron a-t-il oublié que depuis plus de 30 ans la communauté internationale, l’ONU, le Conseil de sécurité, l’Agence internationale de l’énergie atomique sont mobilisés pour justement essayer de dégager une solution diplomatique ?
N’a-t-il pas en mémoire qu’il y a près de 20 ans, le 24 mars 2007 le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait à l’unanimité de ses membres, chose rare et quasiment unique, la résolution 1747 imposant un premier régime de sanctions à l’Iran pour ses violations répétées dans le cadre de son programme nucléaire ?
Des dizaines de résolutions, déclarations, mémorandums, discussions, sommets, engagements, accords ont été tenus, obtenus, négociés, signés avec l’Iran qui les a tous systématiquement violés et transgressés.
Laisser un régime aussi dangereux que le régime fondamentaliste et terroriste des mollahs iraniens disposer d’un arsenal balistique et nucléaire est une pure folie. Nous n’avons eu de cesse de le répéter et force est de constater que nous avons eu raison.
Ce n’est pas une menace pour Israël uniquement loin de là.
Les pays du Golfe et de la péninsule arabique en font les frais aujourd’hui. Les intérêts occidentaux dans toute la région et au-delà comme nous l’avons vu avec les bombardements contre des bases britanniques à Chypre sont une cible légitime pour le régime démoniaque de Téhéran.
Une fois encore, Israël est en première ligne pour la défense des valeurs du monde libre.
Les Etats unis d’Amérique l’ont bien compris, c’est pourquoi ils sont à nos côtés dans ce combat.
Une dernière réflexion avant de finir.
J’ai noté qu’Emmanuel Macron avait disposé devant lui bien en évidence, lors de son intervention télévisée, un recueil de poèmes de Pablo Neruda.
J’imagine que le Président français souhaitait par ce choix d’un auteur chilien connu pour ses positions communistes et anti-américaines radicales, exprimer un message pusillanime d’opposition à la politique américaine tout en essayant de maintenir la façade d’un atlantisme d’apparence.
Eh bien justement, on prête à ce poète une phrase célèbre, je la cite : « Vous pouvez couper toutes les fleurs, mais vous ne pouvez pas empêcher le printemps de venir ».
Monsieur Macron et ses collègues européens peuvent continuer à s’évertuer à couper toutes les fleurs de notre action, nous critiquer, nous condamner, nous boycotter, ils ne parviendront pas à nous empêcher d’instaurer un nouveau printemps pour notre peuple et pour tous les peuples du Proche-Orient.
Daniel Saada était ambassadeur d'Israël en France
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