Nous entamons la quatrième semaine depuis le début de l’opération « Rugissement du lion ». Ces trois dernières semaines ont apporté et continuent chaque jour de le faire plusieurs enseignements au premier rang desquels il faut le dire et le souligner l’exceptionnelle résilience de la population israélienne qui est plongée dans la torpeur de la guerre de manière quasiment ininterrompue depuis ce jour noir du 7 octobre 2023.
Deux ans et demi de bombardements incessants, d’alertes, de hurlements de sirènes et d’explosions, de violence et d’attentats qui auraient, je crois, mis à plat n’importe quelle autre société moderne.
La société israélienne tient bon, la tête haute, la population fait front et s’endurcit, l’économie résiste et délivre même quelques prouesses boursières et monétaires avec un shekel qui atteint des cimes sans précédent. La démocratie soutient l’épreuve et s’obstine même à engager chaque jour une bataille renouvelée des idées et des idéaux politiques et philosophiques, bref Israël fait face et affronte ces terribles périls avec beaucoup de courage et de détermination.
Une capacité hors pair à relever les défis de la situation d’urgence dans laquelle nous sommes plongés depuis plus de deux ans.
Et ce dans un climat d’adversité généralisée à travers le monde occidental, chaque jour rongé un peu plus par la haine antisémite qui a resurgi avec force depuis ce pogrom du 7 octobre.
La critique et la réprobation d’Israël ont atteint des sommets je crois incomparables avec ce que nous avons pu connaitre dans le passé, et je parle en tant qu’ancien diplomate israélien qui a parcouru le monde ces dernières 30 années pour expliquer partout et toujours la justesse de nos positions.
Mais aujourd’hui nous affrontons une véritable machine de guerre lancée à travers une partie du monde occidental qui a terminé son cheminement de déculpabilisation de sa responsabilité dans la shoah du peuple juif et lui retourne avec fureur l’abjection et la flétrissure de ses propres actes du passé.
Certains pensent percevoir un fléchissement depuis le début de la guerre avec l’Iran, qui entrainerait une meilleure compréhension de la position israélienne.
Ce n’est, je le crains, que de l’apparence. Et ce pour plusieurs raisons.
D’abord la haine s’essouffle.
Lancée à plein régime depuis le 7 octobre, elle observe une halte pour mieux rebondir et ravager les esprits qu’elle n’a pas encore contaminés.
Un peu comme l’entracte d’un spectacle qui accorde un répit au public avant le déchainement du dernier acte.
Mais même en ces temps de sursis les vieux démons de l’antisémitisme le plus éculé reprennent vie avec l’accusation de plus en plus tenace des Juifs « faiseurs de guerre ». Hitler martelait dans chacun de ses discours que les Juifs avaient provoqué la guerre. Une accusation aujourd’hui assaisonnée à la sauce d’un Premier ministre israélien entrainant dans la guerre avec force un Président américain désœuvré et peut-être même déséquilibré.
Et puis au-delà de la haine, l’indifférence.