Quarante-huit heures après l’annonce du mémorandum d'accord entre Washington et Téhéran, une interrogation domine déjà les débats : les États-Unis peuvent-ils réellement imposer à Israël un accord que son gouvernement rejette ?
Dans une analyse publiée par le diffuseur public canadien CBC, plusieurs experts soulignent que le mémorandum place Jérusalem dans une position délicate. Officiellement, Israël affirme ne pas être lié par les engagements pris entre Washington et Téhéran. Mais dans les faits, la marge de manœuvre israélienne pourrait être plus limitée qu’il n’y paraît.
L’expert sécuritaire Sajjan Gohel estime que l’Iran a réussi à intégrer la question libanaise au conflit régional plus large. Selon lui, Téhéran considère désormais le front libanais comme un levier de pression à la fois sur Israël et sur les États-Unis.
Cette analyse alimente les inquiétudes de nombreux responsables israéliens. Malgré des mois de guerre, plusieurs des objectifs affichés par Jérusalem semblent encore hors d’atteinte. Le programme nucléaire iranien n’a pas été démantelé. Les capacités balistiques de la République islamique subsistent. Quant au Hezbollah, il apparaît affaibli mais toujours opérationnel.
La question centrale devient donc politique autant que militaire. Si Washington décide de faire de cet accord la pierre angulaire de sa stratégie régionale, Israël pourra-t-il continuer à agir librement contre l’Iran ou contre le Hezbollah ?
Le débat a été relancé par des déclarations attribuées au vice-président américain J.D. Vance. Selon CBC, celui-ci aurait laissé entendre que les États-Unis s’attendent à ce qu’Israël participe pleinement au processus engagé avec Téhéran.