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Tribune - LFI : la stratégie de la haine

Le regard de Daniel Saada sur l'actualité

4 minutes
29 juin 2026

ParGuitel Benishay

Tribune - LFI : la stratégie de la haine
Photo : Thomas Bresson https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.en

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« Le caractère terroriste des événements du 7 octobre peut être questionné et discuté » a déclaré Jean Luc Mélenchon cette semaine.  

Une outrance de plus qui n’est ni anodine ni fortuite.

D’abord il faut bien souligner le contexte dans lequel cette déclaration est faite. Devant un tribunal, lors d’une manifestation de soutien à un militant d’extrême gauche Anasse Kazib, qui devait être jugé jeudi à Paris pour apologie du terrorisme pour avoir célébré la « résistance palestinienne » le jour de l’attaque sanglante du Hamas en Israël.

C’est donc un triple message du leader insoumis :

-            Exprimer sa solidarité et son appui à cet activiste de l’ultra gauche qui collectionne les déclarations d’apologie et de défense du terrorisme du Hamas.

-            Envoyer un message d’intimidation à la justice française car en reprenant à son compte les propos incriminés à cet activiste, il signifie clairement aux juges que condamner Anasse Kazib reviendra à devoir le poursuivre, lui, Jean Luc Mélenchon.

-            Encourager l’outrance, l’excès et la démesure en hypertrophiant à souhait un prétendu message de soutien à la cause palestinienne qui lui permet ainsi de poursuivre l’assise de son parti au sein de la population arabo-musulmane française.

Car nous sommes au cœur de la stratégie de celui qui se présente pour la troisième fois à l’élection présidentielle.

Lors des élections présidentielles de 2022, il a manqué 420,000 voix à JL Mélenchon pour devancer Marine le Pen et se retrouver au second tour face à Emmanuel Macron.

Une étude sociologique de l’Ifop réalisée après les dernières élections présidentielles a fourni au leader insoumis la matière principale du renouvellement de sa stratégie électorale pour se préparer à la campagne présidentielle de 2027 dans des conditions bien plus favorables :

-            Les électeurs de confession musulmane représentent environ 5 à 7% du corps électoral français ce qui équivaut à près de 2,5 à 3,5 millions de personnes sur les près de 50 millions d’électeurs inscrit sur les listes électorales.

-            L’abstention de ces électeurs musulmans en France est généralement plus forte que la moyenne nationale et aurait oscillé lors des dernières élections présidentielles autour de 49% soit près du double de la moyenne nationale.

Vous avez compris le stratagème adopté pour ne pas dire la machination : chaque point gagné sur l’abstention de cet électorat correspond à des centaines de milliers de voix dont il faut s’assurer qu’elles ne s’exprimeront que pour le candidat LFI.

Cette analyse nous permet donc de penser que  la présence de Jean Luc Mélenchon au second tour sera plausible, et, je le crains bien pire encore, car un éventuel duel au second tour face au candidat du Rassemblement national pourrait se retourner en sa faveur tant que l’on continuera de voir en Mélenchon un leader démocrate et respectable, héraut du cordon sanitaire face à l’extrême droite.

Le 7 octobre a fourni aux responsables insoumis une occasion en or d’alimenter leur discours propalestinien destiné à séduire l’électorat arabo-musulman en France.

Dès le premier jour le refus de la condamnation des évènements a tout de suite flirté avec sa justification et sa légitimation.

Puis est venu, très vite, en quelques semaines, le temps des incriminations et des accusations ignominieuses : les crimes de guerre, la famine, les massacres et enfin le génocide. Refrain désormais routinier du standard insoumis repris à qui mieux mieux dans toutes les manifestations et déclarations de ses leaders.

Il y avait pourtant bien d’autres thématiques pour séduire et apprivoiser cet électorat. Jean Luc Mélenchon aurait pu choisir de promouvoir avec le talent que l’on lui connait, l’intégration, l’insertion sociale, la réhabilitation des quartiers, la lutte contre l’islamophobie, la défense des valeurs de l’Islam aux côtés de celles de la République et bien d’autres encore.

Non, Jean Luc Mélenchon et ses acolytes ont choisi la pire de toutes, la plus répugnante des stratégies en sachant pertinemment qu’en attisant le feu de la haine d’Israël et de ses soutiens, en relayant les pires accusations, quitte à s’amuser de temps en temps à railler des patronymes d’origine juive ou encore à affirmer que « ce sont ses propres compatriotes qui ont mis Jésus sur la croix », c’est bel et bien le vieil et bon antisémitisme de souche qui se réveillerait.

Et quoi de mieux que la haine antisémite pour booster leur ascension vers le pouvoir.

Puissent-ils échouer, c’est ce que je souhaite à la France, et plus particulièrement à la communauté juive française.

 

Daniel Saada était ambassadeur d'Israël en France


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