À travers la presse et les médias arabes, il apparaît nettement que depuis le 7 octobre, la perception du monde arabe à l’égard d’Israël a profondément évolué : Israël a réussi à neutraliser ses ennemis traditionnels, amorcer une transformation du paysage géopolitique régional et imposer une nouvelle hiérarchie stratégique.
Historiquement, les défaites infligées aux pays arabes, comme lors des conflits de 1948–1949, avaient montré leur incapacité à empêcher la fondation de l’État d'Israël qui, aujourd’hui, a consolidé sa position : il a signé des accords de paix avec l’Égypte et la Jordanie, contenu l’Irak, observé la Syrie s’isoler dans sa guerre civile et normalisé ses relations avec les Émirats, Bahreïn, le Soudan, le Maroc et d’autres États. Ces accords ont renforcé la coopération économique et sécuritaire entre Israël et ces pays, consolidant son rôle de puissance incontournable dans la région.
Cette réalité a conduit le monde arabe à reconnaître que le principal défi d’Israël réside désormais uniquement face à des entités terroristes : le Hamas, le Hezbollah et l’Iran. La puissance aérienne israélienne, démontrée par des opérations de contrôle du ciel et de frappes ciblées à distance, a particulièrement marqué les observateurs arabes et anéanti leurs attentes après le massacre du 7 octobre : pas de coup décisif du Hezbollah depuis le Liban, pas d’intervention iranienne majeure, transformant l’Iran en source de moqueries et renforçant la domination stratégique d’Israël au Moyen-Orient.
Par ailleurs, Israël a démontré sa supériorité militaire en menant des opérations simultanées sur plusieurs fronts, parfois à plus de 2 000 km, en combinant renseignement, cyber-opérations et diplomatie proactive. Cette stratégie inédite a non seulement isolé ses adversaires, mais elle a également fait évoluer le narratif arabe : Israël est désormais perçu comme quasi-légitime pour fixer les règles du jeu régional.