En Tunisie, le 7 octobre ne se commémore pas comme une tragédie, mais comme une « victoire ». C’est à cette date symbolique, rebaptisée par les organisateurs « anniversaire du déluge d’Al-Aqsa », que des groupes pro-palestiniens ont lancé une nouvelle mobilisation : la campagne « Un million de signatures pour criminaliser la normalisation » avec Israël.
Cette initiative est portée par le Comité de coordination pour l’action commune pour la Palestine (CJA), la Campagne tunisienne de boycott et le Mouvement anti-normalisation. Dans leur déclaration, ces organisations affirment que leur démarche dépasse le cadre juridique : « Ce n’est pas seulement une revendication de loi, c’est un combat », opposé selon elles à « l’axe américano-sioniste » et aux « ambitions coloniales couvertes par les slogans de paix régionale ».
Le message vise autant Israël que les pays arabes ayant signé les Accords d’Abraham. Les organisateurs dénoncent « les régimes officiels arabes qui légitiment l’occupation », et affirment que « le peuple tunisien a toujours rejeté la normalisation, car elle constitue une trahison nationale, panarabe et humaine ».
Malgré le cessez-le-feu et l’accord de libération des otages annoncés quelques jours plus tard, la campagne maintient son cap. Le 13 octobre, ses initiateurs ont toutefois précisé que la collecte de signatures « n’a pas encore commencé », invoquant des démarches administratives liées à la protection des données personnelles.