Si l'on se réfère à AXIOS, la Maison-Blanche a transmis un message privé et ferme au Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, affirmant que l’élimination d’un haut responsable du Hamas le week-end dernier constituait une violation de l’accord de cessez-le-feu négocié par le président Donald Trump.
Deux responsables américains ont indiqué que ce message courroucé intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l’administration Trump et le gouvernement Netanyahu, autour de l’étape suivante de l’accord visant à mettre fin à la guerre à Gaza, ainsi que de la politique régionale d’Israël. D’après ces sources, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’émissaire de la Maison-Blanche Steve Witkoff et le conseiller et gendre du président, Jared Kushner, expriment une profonde frustration à l’égard de Netanyahu.
L’incident à l’origine de ce message s’est produit samedi, lorsqu’Israël a éliminé Ra’ad Saad, adjoint du commandant de la branche militaire du Hamas et considéré comme l’un des planificateurs de l’attaque du 7 octobre. Quatre personnes ont été tuées lors de la frappe menée dans la ville de Gaza. Des responsables américains ont précisé que le gouvernement israélien n’avait ni informé ni consulté les États-Unis avant l’opération.
Comme nous vous en informions la semaine dernière, il semble qu'à l’approche du déplacement de Benyamin Netanyahu à Miami, prévu pour la fin du mois, un malaise croissant se fait sentir à Jérusalem. La crainte est que Trump ne l’attende pas cette fois avec une accolade chaleureuse et une photo flatteuse sur la pelouse, mais avec un dossier épais de revendications.
Il ne s’agirait plus d’un « ami qui amène un ami », mais d’un « ami qui amène un plan » — et qui pose, avec une courtoisie ferme, la question suivante : es-tu dedans, ou es-tu le problème ?
Un haut responsable américain a été cité déclarant : « Si vous voulez ruiner votre réputation et montrer que vous ne respectez pas les accords, libre à vous. Mais nous ne vous permettrons pas de ruiner la réputation du président Trump après qu’il a négocié l’accord sur Gaza. »
Un responsable israélien a confirmé que la Maison-Blanche n’était pas satisfaite, tout en affirmant que le message avait été plus modéré et faisait référence au fait que « certains pays arabes » considéraient l’opération comme une violation.
De son côté, Israël a fait valoir auprès de l’administration Trump que le Hamas avait lui-même violé l’accord en attaquant des soldats et en reprenant les trafics d’armes, et que Saad œuvrait activement à la rupture du cessez-le-feu et à la reprise des combats.