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« Chasseurs de Juifs » : le boycott anti-israélien vire à l'intimidation en Grande-Bretagne

La police a ouvert une enquête

3 minutes
17 février 2026

ParJohanna Afriat

« Chasseurs de Juifs » : le boycott anti-israélien vire à l'intimidation en Grande-Bretagne
Des activistes pro-palestiniens font du porte à porte. Photo : Compte X de Jean Hatchet

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La police du South Yorkshire a ouvert une enquête après qu'une confrontation violente a éclaté à Sheffield entre des militants pro-palestiniens en pleine campagne de porte-à-porte et des contre-manifestants venus les interpeller. L'incident, filmé et largement diffusé sur les réseaux sociaux, a braqué les projecteurs sur un phénomène qui prend de l'ampleur à travers tout le Royaume-Uni.

Les militants identifiés dans les vidéos appartiennent à une organisation appelée SAFZ — Sheffield Apartheid Free Zone —, active depuis plusieurs mois dans certains quartiers de la ville. Armés de tracts appelant au boycott des produits israéliens, ils font du porte-à-porte en notant soigneusement les réponses des habitants : absence, désintérêt ou soutien. Dans une vidéo tournée sur place, l'un d'eux confirme que le groupe « enregistre les portes auxquelles nous frappons ». Le groupe a reçu le soutien de Jeremy Corbyn, ancien chef du parti travailliste et figure de l'extrême gauche britannique.

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La confrontation dégénère

La tension a atteint son point de rupture lorsque Jean Hatchet, militante féministe locale, et sa compagne ont suivi les militants dans les rues du quartier de Woodsits en scandant « Les chasseurs de Juifs arrivent ! » et en brandissant une pancarte « Tolérance zéro pour la haine des Juifs ». La situation a basculé : un militant a arraché la pancarte des mains de la compagne de Jean Hatchet avant de la frapper à la tête, selon son témoignage. Une plainte pour agression à caractère religieux a été déposée.

Dans une interview accordée au Daily Mail, Jean Hatchet affirme que le groupe tient une véritable « liste noire » de sympathisants d'Israël. « Ils prennent les adresses des personnes qui ne partagent pas leur point de vue », dénonce-t-elle. « Nous avons des lois sur la protection de la vie privée dans ce pays, et ils franchissent clairement les limites autorisées. »

Un phénomène national

Sheffield n'est pas un cas isolé. Samedi dernier, des équipes de militants ont été filmées à Brighton en train de faire du porte-à-porte, bloc-notes et liste d'adresses en main. Vicky Bogle, fondatrice du groupe Jewish and Proud, basé dans la ville, a décrit au Jewish Chronicle « huit équipes de bénévoles faisant systématiquement du porte-à-porte » pour identifier les habitants aux « sympathies sionistes ». « C'est une activité sournoise et dangereuse, une campagne d'intimidation d'un tout autre niveau », a-t-elle estimé. Des opérations similaires sont également signalées à Bristol, Hackney, Cardiff, Belfast et Glasgow.

L'affaire a rapidement enflammé le débat politique à Westminster. Chris Philp, ministre de l'Intérieur fantôme dans l'opposition conservatrice, a dénoncé auprès du Jewish Chronicle « une pratique sombre et menaçante qui n'a pas sa place en Grande-Bretagne ». Peter Kyle, ministre du Commerce et député de Brighton, a quant à lui exigé que la police enquête pour crimes de haine et incitation à la violence. La police du Sussex a pour l'instant conclu qu'« à ce stade, rien ne prouve qu'il s'agisse d'une infraction pénale ».

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