En visite officielle en Israël, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre l'antisémitisme a accordé un entretien à i24NEWS lundi. Et elle n'a pas mâché ses mots.
Dans la journée, Aurore Bergé s'était rendue sur le site du festival Nova accompagnée de familles de victimes. « C'est la deuxième fois que je m'y rends, mais la première en tant que membre du gouvernement », confie-t-elle, visiblement marquée. « Je veux emporter ça avec moi en France, montrer à ceux qui se permettent de douter de ce qui s'est produit que ça a bien eu lieu. »
« Une tentative d'extermination au cœur de l'État refuge »
Pour la ministre, la visite dépasse le cadre du devoir mémoriel. Elle revêt une dimension politique assumée. « Cinquante et un Français sont morts. Mais au-delà, ce qui s'est produit ici, c'est une tentative d'extermination, au sein même du seul État refuge au monde pour les Juifs. Il faut mesurer ce que ça signifie dans la chair de chacun. »
Interrogée sur la compréhension française des enjeux du conflit, la ministre affirme : « Nous avons une ligne de front commune face au terrorisme islamiste. La France a été frappée à de multiples reprises. Ici, c'est le Hamas qui a frappé le 7 octobre. Certains ont eu du mal à même prononcer le mot terrorisme, parlant d'actes de résistance. C'est quoi la résistance quand on voit des jeunes chassés comme du gibier à Nova, sans possibilité de se cacher ? »
Renouer le dialogue franco-israélien
La visite a aussi une vocation diplomatique. Depuis le 7 octobre, le dialogue bilatéral sur la lutte contre l'antisémitisme avait été interrompu. « Il était essentiel de le reprendre au niveau gouvernemental », explique la ministre. Elle a rencontré des responsables politiques israéliens, des familles d'otages — dont l'épouse d'Ohad Yahalomo, l'otage franco-israélien assassiné en captivité — et s'est adressée à la communauté des quelque 200 000 Français établis en Israël depuis l'ambassade de France. « Ils sont des ponts absolument essentiels entre nos deux pays », souligne-t-elle.
Aurore Bergé prévoit également de se recueillir sur la tombe d'Ilan Halimi à Jérusalem, vingt ans après l'assassinat du jeune homme, tué en raison de préjugés antisémites. « Il faut se souvenir qu'il y a vingt ans déjà, il y avait des débats sur la qualification antisémite de ce crime. Il n'y a évidemment aucun doute. » La famille a accepté qu'un prix portant le nom d'Ilan soit créé, combattant dans le même mouvement antisémitisme et racisme. « On n'a jamais eu autant de candidatures que cette année. C'est un motif d'espoir. »
« L'antisionisme est le combat d'aujourd'hui contre l'antisémitisme »
Sur le fond, Aurore Bergé ne fait pas dans la nuance. Elle défend avec conviction la proposition de loi déposée par la députée Caroline Yadan, qui vise à permettre des poursuites judiciaires contre ceux qui masquent leur antisémitisme derrière l'antisionisme. « L'antisionisme, ce n'est pas la critique libre de la politique du gouvernement israélien — chacun y a droit. C'est la volonté de délégitimer Israël comme seul État refuge au monde. Et ça, c'est insupportable. » Elle assure que la loi sera adoptée : « Il y a une majorité pour ça à l'Assemblée nationale. »
La France insoumise dans le viseur
Questionnée sur la responsabilité politique dans la résurgence de l'antisémitisme en France, la ministre pointe sans détour La France insoumise. « Il y a une responsabilité historique et accablante de l'extrême gauche, qui a ciblé par calcul électoral et cynisme les Français juifs, en les rendant responsables en France de ce qui se passe à Gaza. C'est insupportable. » Elle va plus loin : « Et en faisant ça, LFI fait la courte échelle au Rassemblement National, qui peut ainsi se refaire une virginité sur le dos des Français juifs. »
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