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Tribune - France – Israël : la lâcheté du lâchage

La France ne se conduit plus comme une amie, comme une alliée.

4 minutes
14 juin 2026

ParDaniel Saada

Tribune - France – Israël :  la lâcheté du lâchage
Photo: IStock

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Le ministre français des Affaires étrangères a annoncé la semaine dernière une série de sanctions contre Israël notamment l’interdiction faite aux ministres Ben Gvir et Smotrich de se rendre en France. Décision qui s’ajoute à celle prise par ce même ministre quelque jours plus tôt, de saisir la justice française pour enquêter sur les allégations délirantes des participants à la flottille.

Des décisions sans précédent et uniques. Aucun autre pays ne « bénéficie » d’un tel traitement de la part des autorités françaises.

Il est consternant de voir ainsi la relation bilatérale se détériorer sous les coups de butoir assenés par le Président français et son gouvernement.  Nous avons connu des crises dans le passé, des épreuves difficiles que nous avons traversées et surmontées. Essentiellement parce que les deux parties, la France et Israël se sont conduites comme des amies, des alliées dont le socle commun des valeurs partagées permet justement d’affronter les divergences et de sauvegarder les convergences, notamment toutes celles nombreuses qui ont forgé au cours des dernières décennies la profondeur d’une relation bilatérale riche et intense.

Cependant, depuis les massacres du 7 octobre, force est de constater que la France tourne le dos à Israël.

La France ne se conduit plus comme une amie, comme une alliée.

La partie française met tout en œuvre pour accentuer les divergences, renforcer l’éloignement entre nos deux pays, détricoter sciemment et sûrement la trame de nos relations bilatérales.

Je me souviens des divergences profondes que nos deux pays revendiquaient lors de la seconde intifada, mais jamais le dialogue n’avait été rompu. Bien au contraire, les échanges se sont renforcés y compris au plus haut niveau. Il y avait alors une volonté commune d’assumer nos conflits et nos discordances dans une démarche partagée de tout mettre en œuvre pour éviter le clash et la rupture, tout en épargnant notre relation bilatérale que nous savions nécessaire et utile à nos deux pays, nos deux peuples, nos deux sociétés civiles.

Aussi paradoxalement que cela paraisse, c’est à cette époque, riche en désaccords politiques et diplomatiques que la Fondation France-Israël ou encore le Haut Conseil franco-israélien pour la Science et la Technologie ont été créés à l’initiative du Président Chirac et du Premier ministre Sharon.

Car ces deux hommes d’Etat savaient la profondeur de l’alliance et de l’amitié entre nos deux démocraties.

Aujourd’hui, il semble clair que la France lâche Israël, qu’il n’y a plus de volonté d’alimenter la relation bilatérale entre nos deux pays, qu’Israël n’est plus une amie de la France.

Car on ne s’y prendrait pas autrement si l’objectif était de détruire la relation entre nos deux pays.

Car comment expliquer que depuis novembre 2023, quelques jours après les massacres du 7 octobre, le Président Macron n’a eu de cesse de porter des accusations terribles contre Israël l’incriminant de tous les maux sans jamais accepter de reconnaître la complexité de la situation dans laquelle nous sommes notamment au regard de la guerre menée à Gaza et au Liban contre des organisations terroristes qui ne respectent aucune loi, aucune règle, aucune limite.

Comment expliquer que la France a pris depuis le 7 octobre d’innombrables initiatives diplomatiques contre Israël que ce soit au plan européen ou au plan international, tentant systématiquement de contrer nos amis qui tentaient de faire entendre une voix de raison et d’équilibre.

Comment expliquer la trahison française de lâchement abandonner Israël et sa population à son sort alors que nous sommes confrontés depuis bientôt trois ans à une guerre sans merci contre des ennemis acharnés à vouloir nous détruire ? La forfaiture de l’épisode de l’interdiction de survol du territoire français à un avion américain en route pour apporter des systèmes de défense à notre pays bombardé par les missiles iraniens restera gravé dans nos mémoires.

Comment expliquer que l’on interdise le territoire français à deux ministres d’un gouvernement démocratiquement élu, mais qu’à ce jour aucun leader du Hamas ou du Hezbollah ne font l’objet d’interdiction de visite en France ? M. Barrot ne veut pas serrer la main de Bezalel Smotrich mais n’a eu aucun problème pour serrer celle d’Abbas Araghchi, le ministre iranien des Affaires étrangères qu’il a reçu en grandes pompes à Paris en novembre dernier juste avant que des dizaines de milliers de manifestants épris de liberté ne soient assassinés et massacrés par le régime iranien.

Il n’y a pas d’explication, juste de la lâcheté et la très lourde responsabilité d’alimenter la haine d’Israël qu’un certain Emmanuel Macron désignait en juillet 2017 comme le paravent de l’antisémitisme renouvelé.

 

Daniel Saada était ambassadeur d'Israël en France

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